ELSSLER Franzeska dite Fanny (1810-1884) – Danseuse autrichienne XIXe

L’une des plus talentueuses interprètes du ballet romantique ; elle allie la technique et l’expression
rivale de Marie Taglioni

Née le 23 juin 1810 à Gumpendorf près de Vienne.
Décédée le 27 novembre 1884 à Vienne,  âgée de 74 ans

Fille de Johann Florian Elssler copiste et aide de Joseph Haydn.

Née dans une famille de 6 enfants, ses 2 sœurs Thérèse (1801-1878)
et Hermine (1811-1898) furent également danseuses.

Fanny étudie à l’école de ballet du Theater ander à Vienne en compagnie de sa sœur Thérèse puis avec Friedrich Horschelt et plus tard avec Jean-Pierre AUMER (élève de Jean DAUBERVAL)

En 1827, Fanny a 17 ans  quand elle entre dans le corps de ballet du Hoftheater avec Filipo TAGLIONI comme maître de danse.

En 1822 Filippo Taglioni crée un ballet spécialement pour sa fille Marie « La réception d’une jeune nymphe à la cour de Terpsichore » dans lequel les 2 sœurs font partie du corps de ballet.

En 1825 Fanny se produit à Naples dans les ballets de VESTRIS avec Marie TAGLIONI ; Puis elle part à Berlin. Puis à Londres au King’s theatre avec sa sœur Thérèse qui, très grande, lui servit de partenaire.

En 1834 elle est engagée à l’Opéra de Paris où elle danse dans « Le dieu et la bayadère » « La Tempête », « Don Juan » et dans un ballet de Jean CORALLI« Le diable boiteux » en 1836. Dans ce ballet elle excelle comme danseuse –mime et acquiert une immense popularité en y interprétant la cachucha où elle danse « de tout son corps avec volupté » et joue des castagnettes. (voir le texte de Théophile  Gautier  « Les beautés de l’Opéra ».

Ces types de danses à caractère national sont devenues populaires. Fanny dansera une « cracovienne » polonaise dans « Gipsy » et une « tarentelle » italienne dans « la Tarentule » de Rossini. D’autres vont les utiliser dans leur ballet comme BOURNONVILLE Auguste. Avec Marius PETIPA et les Ballets russes cela s’appellera les « danses de caractère« .

En, 1840/41 elle fait une brillante tournée en Amérique et fut reçue au Congrès par le Président des Etats-Unis, puis à La Havane.

Elle rentre en Europe en 1842 et interprète, à Londres, le rôle de « Giselle » dont la première a été donnée à Paris par Carlotta GRISI deux ans plus tôt.

En 1845 elle est invitée à Londres, à  se produire dans « Le pas de quatre » de Jules PERROT  mais elle refuse. Pendant 5 ans Fanny a dansé en Allemagne, en Autriche, en Angleterre, en Russie où elle fait un triomphe.

Retraitée de la danse mais pas de la vie culturelle

En 1851 Fanny abandonne la scène et se retire d’abord à Hambourg puis à Vienne en 1855 où elle suit de près la vie théâtrale artistique.

Considérée comme l’une des plus grande interprètes du ballet romantique, elle a subjuguée ses contemporains par sa sensualité et sa capacité à interpréter les scènes dramatiques.

Elle fut un temps, la maîtresse du duc de Reichstadt, fils de Napoléon, liaison qu’Edmond Rostand a rappelée dans sa pièce l’Aiglon.

Elle décède le 17 novembre 1864 à Vienne où elle est inhumée.

OFFENBACH Jacques (Jakob) (1819–1880) Musicien naturalisé français XIXe

Musicien d’origine allemande, violoncelliste – Compositeur d’opérettes célèbres


Né le 20 juin 1819 à Cologne en Allemagne.
Mort le 5 octobre 1880 à Paris

Son père Isaac Juda Eberst et sa mère Marianne Rindskopf.
Il est le 2e fils sur les 7 garçons d’une famille de 10 enfants.

Son père est musicien dans les orchestres locaux connu sous le nom de « der Offenbacher » d’après sa ville natale. En 1808 en vertu du décret de Bayonne il adopte Offenbach comme patronyme. En 1816 il s’établit à Cologne et devient professeur de chant, violon, flute et composition musicale.

Violoncelliste à l’Opéra Comique

Jacques étudie le violon à 6 ans puis le violoncelle à 9 ans, il se montre talentueux.
En 1833 il est envoyé à 14 ans au Conservatoire de Paris avec son frère Julius âgé de 18 ans. Le directeur Luigi Cherubini impressionné par leurs talents, les inscrit malgré leur nationalité étrangère. Les frères adoptent une forme française de leur prénom : Jacques et Jules.

Après un an de conservatoire, Jacques qui s’ennuie, le quitte en décembre 1834, tandis que son frère assidu deviendra professeur de violon et chef d’orchestre
1835 Jacques joue comme violoncelliste dans l’orchestre de l’Opéra Comique et se fait remarquer par Fromental HALEVY  compositeur qui lui donne des leçons de composition et d’orchestration. Sa réputation grandit. Il compose quelques musiques pour l’Opéra Comique, programmées par le chef Louis Antoine JULLIEN. Il donne des concerts de violoncelle en 1839.

En 1840, à la suite du décès d’un de ses frères, Jacques et Julius retournent à Cologne et durant ce séjour leur mère décède.

Son succès en France, en Allemagne, à Londres

De retour à Paris, Jacques fréquente les salons à la mode dont celui de la comtesse de Vaux où il rencontre une jeune fille Herminie d’Alcain (1827-1887) mais les parents sont réticent vis-à-vis d’un prétendant allemand et juif.
Il multiplie les concerts en France et en Allemagne. Il se rend à Londres en 1844 où il se produira à Windsor devant la reine Victoria, l’empereur de Russie et le roi de Saxe. Ses succès lui permettent de rentrer en vedette et à l’aise financièrement. Pour épouser Herminie, il se convertit au catholicisme. La révolution de 1848 fait fuir Offenbach et sa famille à Cologne.

De retour, en 1850 il est nommé Directeur de la musique et chef d’orchestre à la Comédie française par son Directeur Arsène Houssaye. En 1855 il compose « la Reine des îles ». Il loue un petit théâtre sur les Champs-Elysées qu’il baptise «  les Bouffes parisiens » afin d’y jouer ces œuvres. Ce théâtre est bien placé car à proximité des pavillons de l’Exposition universelle qui draine du monde.
Avec les librettiste MEILHAC et Ludovic HALéVY (neveu de Fromental son mentor), il crée « l’Opéra bouffe français ».
Il présente « Les Deux aveugles » qui remporte un triomphe. Il alterne ses présentations entre sa salle aux Champs-Elysées à la belle saison (car non encore paves) et une salle louée en hiver passage Choiseul.
Désormais il règne sur la scène musicale du Second Empire. « Le Violoneux » révèle la cantatrice Hortense Schneider qui fera une longue carrière.

En 1857 il part en tournée à Londres avec sa troupe.
En 1858 il produit « Orphée aux enfers » son premier grand spectacle.
En 1860 le ballet « le Papillon » avec l’air de la  « Valse des rayons« qui est très célèbre.
Les chefs-d’œuvre se suivent : 1864 « la Belle Hélène », en 1866  « Barbe bleue » et « la Vie parisienne »
En 1868 « La Périchole ».

En 1860 il reçoit la nationalité française sur ordre de Napoléon III et l’année suivante est décoré de la Légion d’honneur.
Depuis 1877 il travaille sur une pièce de théâtre « Les Contes fantastiques d’Offmann».
En 1890 la guerre entre l’Allemagne et la France oblige Offenbach à se faire discret en France.
Il fait une tournée triomphale aux Etats-Unis.

De retour en France il continue à composer en 1878 « Mme Favart » puis à 61 ans son œuvre ultime « Les Contes d’Offmann »* opéra fantastique mais il meurt avant d’avoir achevé l’orchestration.
Il décède le matin du 4 octobre 1880 sans avoir pu assister à la création de sa dernière œuvre.
Il est enterré au cimetière de Montmartre.

Suite de ses oeuvres

Avec son épouse Herminie il a eu 5 enfants : 4 filles et un fils né en 1852 Auguste mais qui est mort en 1883, 3 ans après son père.

A la mort d’Herminie, les manuscrits restent dans la famille cachés jusqu’en 1938 où Jacques Brindejout-Offenbach (petit fils) en fit un inventaire dans sa biographie « Offenbach mon grand-père ».

De nombreuses partitions n’ont pas survécu, ce qui explique les orchestrations utilisées au cours du XXe siècle. En effet la seule référence était la partition chant/piano qui servait de base au chef d’orchestre. De nombreux thèmes musicaux furent adaptés par d’autres compositeurs pour des musiques de danses parmi lesquels : Louis Antoine JULLIEN, Olivier Métra, Philippe MUSARD, Isaac Strauss.

* La partition d’orchestre « des Contes d’Offmann  » a été retrouvée dans les archives de l’Opéra de Paris en 2004, alors qu’on croyait qu’elle avait été détruite dans l’incendie de la salle Favart en 1997

Depuis les années 1990 les Editions Boosseys et Hawkes ont entrepris la publication de l’intégralité des œuvres du compositeur au travers de OEK « Offenbach Edition Keck **» qui compte 650 opus.
** Jean Christophe Keck musicologue et chef d’orchestre

Offenbach a aussi un éditeur allemand : la maison Bote & Bock de Berlin qui possède certaines orchestrations de centaines de partition originales d’œuvres rares.

2019 est donc l’année du bicentenaire de la naissance de Jacques Offenbach

 

ADAM Adolphe Charles (1803-1856) Musicien français début XIX

Musicien, compositeur entre autre du ballet « Giselle »

Né le 24 juillet 1803 à Paris – Décédé le 3 mai 1856 à Paris à 52 ans

Ses parents : Jean-Louis ADAM (professeur de pianoforte au Conservatoire et compositeur alsacien) et Elisabeth Coste
son frère : Alphonse-Hippolyte né en 1808

Marié en 1829 à l’actrice Sara Lescot (décédée en 1857)  avec qui il eut un fils Adrien-Léopol (1832-1851)
Seconde épouse :  Chérie-Louise Couraud

Motivé tout jeune par la musique 

Mauvais élève Adolphe désertait les cours avec un autre compère Eugène Sue. Mais il a commencé à étudier la musique en cachette de son père et en 1817 à 17 ans entra au Conservatoire de Paris. Il eut pour maîtres : Henri Lemoine pour le piano,  Reicha pour le contrepoint et François-Adrien Boieldieu pour la composition. Adam voulait devenir compositeur lyrique mais son maître lui conseilla plutôt l’opéra-comique, genre en pleine mutation.

Vers 1823 pour se faire connaître, il jouait le soir à l’orchestre du Gymnase en faisant des remplacements (il proposait même ses cachets à ceux qui acceptaient de se faire remplacer).

Il écrivait des chansons et des musiques pour autrui.

En 1824 il concoure pour le prix de Rome et obtient une mention. En 1825 il acquit assez de métier pour devenir lauréat du Second prix de Rome et obtient le 2e prix en composition.

Compositeur pour l’Opéra Comique

En 1826 il voyage en Hollande, Allemagne et Suisse où il rencontre Scribe à Genève. Sur un livret de Scribe et Mazière, il écrit la musique du vaudeville « L’oncle d’Amérique » puis pour l’Opéra-Comique « Le mal du pays de la batelière du Brientzé »qui fut créé en 1827 au Théâtre du Gymnase.

En 1829 il crée sa première oeuvre pour l’Opéra-Comique de Paris « Pierre et Catherine »  qui tient 80 représentations. Mais la révolution de juillet de 1830 perturbe la vie théâtrale.

A l’automne 1832 il part à Londres et compose  pour « The first compagne » et « The dark diamond » puis son ballet « Faust » au King’s theatre

En 1834 il connut un premier succès avec « Le châlet » considéré comme le début de l’opérette à la française, livret de Scribe.

En  octobre 1836 « Le postillon de Longjumeau » obtient un succès phénoménal qui gagna l’Europe. Le tsar Nicolas 1er fut sensible aux critiques élogieuses du « Brasseur de Preston » donné à Paris en 1838 et l’invita à St-Pétersbourg en septembre 1839 pour donner son ballet « La fille du Danube » livret de Filippo TAGLIONI  (composé pour sa fille Marie TAGLIONI) et de Desmares. Il présenta aussi aux Russes « La jolie fille » . Il composa  pour le ballet « L’écumeur des mers » qui fut donné devant la Cour en février 1840.

Le 15 décembre 1840 il composa une marche funèbre pour le retour des cendres de Napoléon 1er et leur inhumation aux Invalides.

Grand succès pour la musique de « Gisèle »

En 1841 il composa la musique du ballet « Gisèle » sur un livret de Théophile Gautier et une chorégraphie de Jules PERROT. Ce ballet fut un triomphe en France et dans toute l’Europe. Donné encore à notre époque, c’est souvent dans la version de Marius PETIPA .

En 1844 il fut nommé « Membre de l’Académie des Beaux-Arts » en composition musicale.

En 1845 il obtient à nouveau un succès avec le ballet « Le diable à quatre» et « La fille de marbre » créé à Londres au Druny Lane.

En 1847 à la suite d’une dispute avec le nouveau directeur de l’Opéra-Comique qui refuse de le programmer, il créé le « Théâtre national » qui accueillait de jeunes compositeurs mais il dû vite le fermer.Il acheta un nouveau théâtre, mais la révolution de 1848 ruina cette tentative. Pour rembourses ses créanciers Adam  dû vendre ses meubles, abandonner ses droits d’auteur et il se mit à écrire des articles dans des journaux *.

En 1849 il entra au Conservatoire comme professeur de composition et continua à composer des opéra-comique : « La filleule des fées » livret de St Georges et PERROT  pour l’Opéra de Paris puis « Le toréador » (air de bravoure : « Ah ! que dirais-je maman ?» sur un thème de Mozart.)

Au départ du directeur de l’Opéra-Comique, Adam y revient afin d’y présenter ses œuvres. En 1852 « Si j’étais roi », ainsi que le ballet « Le corsaire ». En 1856 il écrit plusieurs œuvres  pour le Théâtre-lyrique et l’Opéra de Paris qui lui permettent de rembourser ses dettes.

 

Quelques jours après la création aux Bouffes-Parisiens de son opérette « Les patins de violettes », il  décède le 3 mai 1856 dans son sommeil à 52 ans.
Il est inhumé au cimetière de Montmartre. C’est Fromental HALÉVY qui prononça le discours de ses funérailles

A Paris une rue porte son nom depuis 1864, située dans le 6e arrond. derrière le Théâtre de la Ville, entre le 14 quai de Guesvre et le 13 avenue Victoria.
Le Théâtre municipal de Longjumeau porte son nom.

Ses productions en 30 années :

78 opéras-comiques/5 opéras/1 marche funèbre/150 pièces pour piano et 29 ballets dont les plus connus sont :

« Le châlet » (1934) livret de Scribe
« Le postillon de Longjumeau » et « la fille du Danube »  (1836)
« Si j’étais roi » (1852) – opéra-bouffe
« Gisèle »(1841) sur un livret de Th. Gautier.
« Le Corsaire » (1856) 
« Le diable à quatre» (1853)
« La jolie fille de Gand »
« La filleule des fées » (1849)

Des musiques de chansons dont la célèbre « Minuit chrétien » quoique pas particulièrement catholique.

* Ses articles ont été rassemblées en deux livres publiés chez Michel Lévy frères « Les souvenirs d’un musicien » et « Divers souvenirs d’un musicien

Source :
www. 
Musicologie.org/biographie/adam_adolphe.html

 

BLASSIS Carlo (1797-1878) Danseur italien XIX

Danseur, maître de danse, chorégraphe, compositeur puis historien

Né le 4 novembre  1797 à Naples –  Décédé je 15 janvier 1878 âgé de  81 ans à Cermobbio (Lac de Côme)

Fils d’un musicien et compositeur. Il a grandi dans une atmosphère des arts et parmi les principaux hommes de lettres. Il a étudié la musique, le dessin, la géométrie, l’anatomie.

Il débute la danse vers l’âge de 12 ans à l’Opéra de Marseille où sa famille s’était installée et en 1816 poursuit ses études à Bordeaux. En 1817 il débute à l’Opéra de Paris avec Pierre GARDEL.

De retour en Italie, il devient premier danseur à la Scala de Milan puis à la Fenice de Venise et au Teatro Rgio de Turin.

Chorégraphe et professeur

Au début de 1830, à la suite d’un accident au pied, il renonce à la scène .Il se consacre désormais à la chorégraphie et à l’enseignement. Pour cela, il reprend les œuvres de J. DAUBERVAL, NOVERRE, Pierre GARDEL, L. MILON, J Baptiste BLACHE (1745-1834)

Il fait ses propres chorégraphies pour la Scala de Milan et les meilleurs théâtres européens.

En 1820 il publie à Milan son premier « Traité élémentaire de l’art de la danse » 
Puis en 1828 « Le code de Terpsichore » qui constitue encore aujourd’hui la base de l’école académique.

Ses leçons alternaient les exercices à la barre (qu’il a mise en place dans ses cours en 1855) et au milieu.
Il exigeait des exercices quotidiens mais sans forcer le corps prônant plutôt l’élévation « le ballon ».
Il y fait travailler « la pointe » à ses danseuses et aussi la mimique d’expression.

Il a trouvé la technique pour éviter les étourdissements lors des tours rapides (la tête tourne plus vite que le corps et le regard fixe un point le plus longtemps possible)

De 1737 à 1851 il est professeur de l’école de danse à la Scala de Milan

En 1837 Carlo BLASIS et sa femme Virginia se voient confier la direction de l’Ecole de danse à la Scala de Milan. En 1847 les étoiles de 44 théâtres d’Europe et d’Amérique se réclameront de son enseignement. En 1851 à la suite d’intrigues savamment nouées, Blasis se voit interdire l’entrée de son école à la Scala. Il ouvrira alors sa propre école privée.

Il partit pour diverses capitales européennes : Londres, Paris, Moscou, puis à St-Pétersbourg où il y enseigne ; il écrit et publie à nouveau son manuel.

Son élève Giovanni Lepri lui succéda. Il revint en Italie, sur les bords du lac de Côme pour finir sa vie Le 15/1/1878.

DIDELOT Charles-Louis (1767-1837) Danseur français XIX

Danseur, chorégraphe, maître de ballet fin XVIII
Deux séjours à Saint-Pétersbourg comme danseur et chorégraphe des Théâtres impériaux

Il introduit des éléments de caractère folklorique dans ses ballets 

Né le 27 mars 1767 à Stockholm et 
Décédé le 7 novembre 1837 à Kiev, âgé de 70 ans

Fils du maître de danse du roi de Suède.Il commence la danse avec son père Charles et  Louis Frossard.

En 1786 rappelé à Stockholm, il monte sa première chorégraphie au Ballet royal suèdois.

En 1787 il poursuit sa formation à Paris avec DAUBERVAL et Gaétan VESTRIS  puis avec NOVERRE.

En 1788 il débute comme danseur sous la direction de Noverre dans  « L’amour vengé », en 1797 dans « Acis et Galatée ». Malgré ses débuts prometteurs, il n’est pas engagé à l’Opéra de Paris.

Il va à Bordeaux où il retrouve Jean DAUBERVAL puis à Londres où il part en tournée comme remplaçant d’Auguste VESTRIS. Puis à Londres où il gagne en célébrité. Il remonte « La fille mal gardée » de Dauberval.

Il danse à Londres avec J Barthélémy LANY et à Bordeaux avant ses débuts à l’Opéra de Paris en 1790 avec Marie GUIMARD dans « Le premier navigateur » de Maximilien GARDEL.

En 1796 à Londres il crée la première version de son chef-œuvre « Flore et Zéphire ».

 

Adepte du ballet d’action de son maître Noverre

Didelot s’efforce de fondre danse et jeu dramatique, réforme le costume ; il s’applique à toujours accorder la chorégraphie avec le caractère du personnage évoqué. Il collabore étroitement avec les musiciens.

Il ne recherche pas la virtuosité gratuite mais développe l’expression des sentiments et des actions. Il multiplie les pas glissés, terre à terre, avec une parfaite coordination des ports de bras.

1801/1811 (1èr séjour en Russie) danseur puis Directeur du Ballet impérial de St-Péterbourg

En sept 1801 sur l’invitation de Charles LE PICQ et du directeur des théâtres impériaux, il arrive à St-Pétersbourg à l’école impériale qui fut créée en 1738 par le maître  à danser français J-Baptiste LANDÉ. D’abord Premier danseur dans le genre « classique » et « demi-caractère » dans « Apollo et Daphné », « Zéphire et Flore », « Roland et Morgane », « Médée et Jason ».

Il est accueilli par le prince Alexandre Shakovskoy auteur dramatique, par Griboïedor et par Cavos italien devenu compositeur russe après un long séjour à St-Pétersbourg.

 En 1802 il crée « Apollon et Daphné », en 1807 « Médée et Jason », en 1808 « Don Quichotte » et « Adonis » en collaboration avec Louis DUPORT qui vient d’arriver en Russie et séduit le public par son « ballon » prodigieux, ses sauts aériens et ses pirouettes exécutées du bout de l’orteil. En 1809 « Psyché et l’Amour » . Il a chorégraphié 13 ballets pendant son séjour.

Un professeur exigent et réformateur

Sa carrière de danseur s’arrête en 1806 à cause d’une grave blessure à une jambe et parce qu’il perd sa femme Rose également sa partenaire de danse. Il se consacre ensuite exclusivement à l’enseignement.
En quelques années il prépare d’excellents danseurs et ballerine si bien qu’en 1809 la troupe regroupe 56 personnes russes et étrangères ; En Russie, au milieu du XVIIIe siècle, le théâtre des ballets russes est un art autonome car des formateurs spécifiques ont une notoriété importantes comme Franz HILVERDING, Gaspare ANGOLIONI et l’élève de Noverre Charles LE PICQ ainsi que le premier chorégraphe russe Ivan Valberkh.

Il structure des groupes de solistes et coryphée. Son élève Adam Golushkovsky fait ses débuts sur scène. L’objectif de l’école est de produire suffisamment de diplômés russes pour se substituer aux solistes étrangers. Le contenu des études a également changé car les enfants de 6 à 13 ans apprennent plusieurs forme d’art : violon, chant, danse puis se spécialisent.

Didelot a recherché des contacts avec les figures russes progressistes et s’est familiarisé avec le folklore russe et ses  danses typiques qui ont inspiré ses ballets. Ce répertoire original et spécifique est appelé de nos jours « danse de caractère »

En 1910 la direction du théâtre de St-Pétersbourg n’approuve pas ses objectifs et sous prétexte qu’il avait une jambe malade, elle rompt son contrat.

En 1811 il doit quitter la Russie dans un contexte de conflit et des guerres napoléoniennes.

Didelot présente divers ballets à Londres : en  1812 « La reine de Golconde », en 1814 « Le bazar d’Alger » et à Paris en 1815 « Flore et Zéphire ». Il introduit les pointes avec la danseuse Geneviève GOSSELON ;et tente de se faire engager à l’Opéra de Paris mais Pierre GARDEL alors directeur, l’évince.

1815/1830 retour en Russie comme maître de ballets des Théâtres impériaux

 En 1816 Didelot accepte un nouveau contrat en Russie
En 1817 il monte « Apollon et les muses », « La chaumière hongroise » qui allie la danse et l’expression dramatique. Ce ballet sera repris en 1853 par Carlotta GRISI et Jules PERROT .

 

Didelot s’inspire de divers pays : la Chine pour « Ken-si et Tao », des Incas pour « Cora et Alonzo » (1820), de la Géorgie pour « Le prisonnier du Caucase » (1823)

1824 « Cendrillon » d’après Louis DUPORT, 1825 « Phèdre et Hippolyte », 1827 « La fête villageoise ».

Didelot a  formé les meilleurs éléments du ballet russe dont Auguste Poireau son assistant.

Didelot quitte la Russie dans un climat tendu

Malgré ses qualités de chorégraphe et son dévouement pédagogique, Didelot est jugé trop indépendant et trop exigeant. Certains de ses meilleurs élèves sont envoyés dans les théâtres dramatiques et le ballet occupait jusqu’alors une place mineure.

A la suite d’un climat tendu avec le directeur Gagarine, Didelot démissionne en 1930. Regretté par le public et la compagnie qui va décliner faute de retrouver u maître de ballet compétent.

En 1832 c’est Alexis BACHE qui lui succède comme maître de ballet.

Toutefois la formation de Didelot essaimera à Moscou via Abletz son disciple qui mettra toute son influence pour que soit fondée en 1809 une Ecole de danse recrutant des serfs et des sujets libres afin de former un corps de ballet.

Didelot a mené le ballet russe à une technicité évidente ce qui lui hissa  à une  dimension mondiale.
Il a conçu plus de 40 ballets et des pas nouveaux.

DUPORT Louis-Antoine (1781-1853) Danseur français début XIXe

Danseur, chorégraphe, maître de ballet, professeur de danse en Europe
mais surtout à St-Pétersbourg et à Vienne

Né en 1781 à Paris – Décédé le 19 octobre 1853 à Paris

Il danse à Paris de 1799  à 1808

Il étudie la danse avec Jean-François COULON  où il est performant pour ses sauts et ses pirouettes. Il commence à l’Ambigu-Comique avec sa soeur Marie-Adélaïde.

Puis en 1800 il débute à l’Opéra de Paris en tant que premier danseur. Il est le rival  de Pierre GARDEL comme chorégraphe (il règle « Acis et Galatée » en 1805. et  d’Auguste VESTRIS (le fils) qu’il remplace dans « Le retour du zéphyr » en 1803.
Le 7 mai 1808 il rompt son contrat en s’enfuyant discrètement pour St-Pétersbourg via Vienne, avec Melle Georges (avec qui il entretenait une relation amoureuse) et deux autres voyageuses.

De 1808 à 1812 il danse à St-Pétersbourg continuant la formation de ses prédécesseurs français en Russie

Accueilli comme immigrant politique, il conclut un contrat de trois ans  avec le Grand théâtre de St-Pétersbourg le 15 août 1808. Il donna sa première représentation dès le 21 août ce qui marqua la reprise de la saison pour le Tout St-Pétersbourg qui vint voir les performances de ce nouveau danseur français.
Il conquit le public par ses saut prodigieux (en trois bonds il traverse la scène) et ses pirouettes légères et inventives. On lui donna même le surnom de « Duport volant ».

Duport vit à St-Pétersbourg avec Melle Georges mais en 1809 il entame une idylle avec une jeune élève de Didelot âgée de 16 ans : Marie Daniloff fut sa partenaire dans plusieurs ballets. Mais la passade fut brêve et la jeune fille désespérée, tomba malade et mourrut de la tuberculose l’année suivante. Le poète Ismailoff écrivit cet épitaphe pour sa tombe :

« Près de cette urne sanglote la Terpsichore
Et les grâce sont en larmes
Les cendres de Daniloff,  de la jeune amie de Duport
Sont enfermées en elle.
« 

Sa danse était noble mais pas son caractère

Il menait sa carrière selon son intérêt et ménageait les relations qui  pouvaient lui servir. Il se montait querelleur, obstiné, mesquin (refusant un « bis » si les applaudissements n’étaient pas assez nourris. Un jour que Melle Georges lui demandait un prêt d’argent, il ne lui accorda que contre un gage de sa broche en diamants.

Il collabora avec les maîtres français qui implantèrent la danse classique en Russie

Avec  Charles LE PICQ  mais surtout Charles-Louis DIDELOT   dont la chorégraphies  exploitent le talent étendu de Duport . Ils ont collaboré pour « La rose de Salange », « Les troubadours« , « Almaviva et Rosine », « Le jugements de Pâris », « L’amour de Vénus et d’Adonis », « La fête du bon propriétaire foncier », « Les Benêts« . Le 14 juin 1810 il présente « Mélédor et Zublime » pour  le bénéfice de Melle Georges que Duport dansa avec la soeur de celle-ci.
Il se produit tant au Théâtre  du Bolchoï qu’au Théâtre de l’Hermitage où il rencontre un grand succès. Il est nommé maître de ballet.  

Duport est cité par Tolstoï dans « Guerre et paix » rappelant qu’il a dansé à Moscou en 1809.

En 1812, ayant donné 138 soirées, il quitte la Russie avec Melle Georges, après la retraite de Napoléon.

Il partit pour Naples où il est nommé maître de ballet.

Il est nommé à Vienne de  1821 à 1836 directeur du Théâtre de la Carinthie

En 1821 il est nommé, à Vienne, comme professeur et Directeur du Théâtre de la Porte de Carinthie fondé par HILFERDING. Il présente « Le jugement de Pâris » en 1822, « Les six ingénus » (1823) chorégraphie de J-Antoine PETIPA.
En 1836 il prend sa retraite à Paris avec une aisance financière..
Il y meurt le 19 octobre 1853 à 72 ans. Il est inhumé au Cimetière du Père-Lachaise.

Sources :
Histoire de la danse en Occident  Tome 1 – de Paul Bourcier Ed. du Seui
Mediathèque.cnd.fr/ressources    extrait du livre Archive international de la danse p3/6 Duport en Russie

 

SAINT LÉON Arthur (1821-1870) Danseur français XIX

Danseur, maître de ballet à Paris et à St Pétersbourg, chorégraphe et librettiste
entre autre de « Coppélia
« 

Né le 17 septembre 1821 à Paris et décédé  2 septembre 1870 à Paris, âgé de 48 ans
Fils de Léon MICHEL assistant de Pierre GARDEL à l’Opéra.

Double formation : de violoniste et de danseur

Lorsque son père fut nommé maître de ballet à la cour des ducs de Wurtemberg, la famille s’installa à Stuttgart où Arthur passa son enfance et adolescence.

Il étudia le violon avec Joseph Mayseder (1789-1863) puis avec N. Paganini (1782-1840). Il fut un élève brillant et donna son premier concert à 13 ans.

En 1835 il fera ses débuts de danseur à Munich et adopte le patronyme de « Saint-Léon ».
Il part pour Paris pour parfaire sa formation en danse et continue à donner des récitals de violon.

Il est élève de François Descombe dit François Albert (1789-1865) ancien danseur à l’Opéra de Paris en et maître de ballet.

En 1838 Arthur est engagé comme premier danseur au Théâtre de la Monnaie à Bruxelles. Il se produit sur les grandes scènes européennes : Milan, Vienne, Londres, Paris où sa virtuosité lui vaut un grand succès admiré pour son « ballon » et ses pirouettes.

Il rencontre sa future femme : la ballerine Fanny CERRITO
Au cours d’une tournée à Milan Arthur rencontre la ballerine italienne Fanny CERRITO (1817-1909) mais ils danseront ensemble plus tard à Vienne. Ils forment un couple à la scène et à la ville et obtiennent un grand succès lors de leur passage sur les scènes européennes. Ils seront à Londres les créateurs des premiers rôles des ballets de Jules PERROT « Ondine » et « La Esméralda » ;

Le 17 avril 1845 le couple se mariera à l’Eglise des Batignoles à Paris 17e.

Saint-Léon chorégraphe
Saint-Léon était le seul chorégraphe, en France, capable d’utiliser les danseuses ayant la technique données par Carlo BLASIS à Milan.
Le 23 mai 1843 il crée « La vivandière » au Her Majesty theatre de Londres qui sera un triomphe.

En 1847 le couple St-Léon/Cerrito est engagé à l’Opéra de Paris et y danse « La fille de marbre » de  Jules PERROT. et « La vivandière » avec une danse inspirée du forklore « la redowa » ainsi que « Le violon du diable » où St Léon joue du violon comme un virtuose qu’il est.

Il composera 16 ballets pour l’Opéra de Paris, destinés à mettre en valeur sa femme Fanny Cerrito.

De 1850 à 1853 il est nommé Directeur du ballet de l’Opéra de Paris

Il est nommé maître de ballet et professeur de la classe de perfectionnement.

Il se sépare de son épouse qui reste à l’Opéra , tandis que lui donne sa démission a en 1853.

Il chorégraphie et compose de la musique pour le Théâtre lyrique de Paris où il donnera en 1853 « Le lutin de la vallée ».

Il part danser dans les capitales européennes avant de se fixer à St-Péterbourg

En 1854 il part une saison à Londres puis au Portugal de 1855 1858 au Théâtre San Carlos de Lisbonne.

Puis dans diverses villes européennes.

De 1859 à 1869 il sera Directeur du ballet du Théâtre Mariinsky à Saint Pétersbourg où il a été appelé pour succéder à J. Perrot lui aussi parti là-bas.

 En octobre 1859 il compose « Satarella ou la passion de la danse » où il est à la fois : librettiste, chorégraphe, compositeur, musicien professionnel, auteur de la partition, danseur principal et joue 2 solos de violon. Puis
– en 1860 « Graziella » et  « Paquerette »
–  en 1862, « La perle de Séville »,
– en 1864 « Le petit cheval bossu » basé sur une légende russe.
A St-Pétersbourg il rencontre Marius PETIPA.

Mais en 1870 la guerre éclate et l’Opéra dû fermer.

La saison des ballets durant 6 mois en Russie, St-Léon travaille avec l’Opéra de Paris comme chorégraphe invité de 1863 à 1840.Il y  présente en 1863 « Diavolina », en 1864 « Néméa » .

Il rencontrre le jeune Léo Delibes (1836-1891) avec qui il va travailler pour la musique et Charles Nuiter (1828-1899) comme librettiste pour « La source » en 1866.

Puis ce sera :
– en 1870  le chef d’œuvre « Coppélia » ballet-pantomime qui fut le plus dansé à l’Opéra de Paris inspiré des Contes d’Hoffmann
– « La fille aux yeux d’émail » qui raconte l’histoire d’un automate, animé la nuit par un jeune homme. Les librettistes sont St-Léon et Nuitter sur une musique de Delibes.

Mais la guerre de 1870 éclate et St-Léon rentre à Paris..

Il décède le 2 septembre 1870 d’une crise cardiaque à Paris 9e. Il est inhumé au cimetière de Montmartre.

Son épouse Fanny Cerrito repose dans une autre tombe mais dans le même cimetière.

Ses productions :
St-Léon laisse plus de 170 oeuvres musicales principalement destinées au violon et deux ouvrages consacrés à la danse :

– « La Sténochorégraphie ou l’art d’écrire promptement la danse » en 1852. Ce moyen d’écriture 
indiquait les mouvements des pieds, de la tête, des bras, du buste.

– « De l’état actuel de la danse » paru en 1856

Il fut le premier à introduire des danses nationales (appelée maintenant danse de caractère) dans les ballets, ouvrant la voie de son successeur Marius PETIPA (1818-1910) qui mettra en place « la compagnie des Ballets russes ».

GUY-STEPHAN Marie (1818-1873) Danseuse française XIXe

Danseuse classique qui apprend et se spécialise dans les pas et danses espagnoles

Née le 18 novembre 1818 à Rome et décédée le 20 août à Paris à 54 ans


Son père Jean-Baptiste STÉPHAN marchand fripier et sa mère Marie-Joséphine Corroy

Elle danse dans plusieurs capitales
Elle débute à l’Opéra de Paris

De 1839 à 1843 au Grand Théâtre de Bordeaux, elle est nommée première danseuse à 21 ans.

Elle danse à la Scala de Milan puis à Londres au Her Majesty’y’s theatre dans «Le boléro de Codex» du ballet «L’Aurore».

Elle découvre les danses espagnoles  lors de son séjour à Madrid  ; elle s’en fera une spécialité comme « danses de caractère »

 Entre 1840 et 1844 elle danse dans « Giselle » au Théatre Circo de Madrid. Elle s’intéresse aux pas espagnols et devient une spécialiste des danses espagnoles dans les ballets classiques

Elle devient la partenaire de Marius PETIPA lorsque celui-ci vient à Madrid.

Elle déménage à Paris et de septembre 1853 à 1856 elle dansa à l’Opéra de Paris entre autre dans « Aelia et Pâris » de Joseph MAZILIER».

Elle a dansé au Théatre lyrique et au Théatre de la Gaîté de Paris.

En 1864 elle crée le rôle principal dans « Néméa ou l’amour vengé » du chorégraphe Arthur SAINT-LÉON.

Elle prend sa retraite en 1856.
Elle décède le 20 août 1873 à Paris à 54 ans.

PERROT Jules Joseph (1810-1892) – Danseur français XIXe

Danseur à l’Opéra de Paris, professeur de danse, chorégraphe de « Gisèle » et de nombreux ballets à Londres et Saint-Pétersbourg

 Né le 18 août 1810 à Lyon et décédé le 19 août 1892 à Paramé – St Malo (Ile-et Vilaine)

Son père machiniste au Grand théâtre de Lyon envisagea pour son fils, un avenir dans le monde du spectacle.

Le jeune Jules révéla des aptitudes pour la danse, s’astreignant à un entraînement régulier dès l’âge de 9 ans.

En 1818, il paraît sur la scène du Grand théâtre dans l’opéra de Boïeldieu dans « le Petit chaperon rouge ».
Mais il tire son succès de ses talents de mime et d’acrobate dans une parodie du célèbre danseur « disloqué de l’époque Charles Mazurier.

A 13 ans Jules fait ses débuts au Théâtre de la Gaité à Paris en décembre 1823, dans le costume de Polichinelle, où il surpassa l’original qu’il parodie.

Jules se tourne vers la danse classique

Auguste VESTRIS (1760-1842) qui deviendra son professeur, lui conseille, vu son physique qui n’est pas l’idéal, « saute d’un endroit à l’autre, tourne, balance mais ne laisse jamais au public le temps d’étudier ta personne »

Jules développe une rapidité d’exécution qui sera son style. Avant ses 17 ans, il est engagé au Théâtre de la porte St Martin à Paris. On le décrit comme laid, avec des proportions physiques disgracieuses, mais des jambes puissantes, élégantes, souples.

En 1830 il fera ses débuts à l’Opéra de Paris dans « La muette de Portici » d’Auber où il obtient du succès.

En 1831 il est promu Premier sujet et choisi pour être le partenaire de Marie TAGLIONI dans « Zéphire et Flore ». Son style aérien, rapide plait au public mais fait de l’ombre à sa partenaire ; après quelques saisons, elle refuse de danser avec lui. Finalement comme elle a de l’influence à l’Opéra, elle obtient que Perrot soit renvoyé.

Renvoyé de l’Opéra de Paris sous l’influence de la « Taglioni », il danse avec Carlotta Grisi

Jules se produisit alors comme « artiste invité » sur différentes scènes d’Europe et rencontra à Naple la danseuse Carlotta GRISI (1819-1899) dont il devint le mentor et l’amant. Elle dansa sous le nom de Mme Perrot à la naissance de leur fille.

Ensemble ils se produisirent à Londres en 1836, à Vienne en 1838 où il créa sa première chorégraphie « Der Kobold » , à Munich, à Milan, à Paris en 1840 où ils dansèrent « Zingaro » au Théâtre de la Renaissance.

Coralli s’attribue seul auteur de la chorégraphie de Giselle à laquelle Perrot a participé

Le talent de Carlotta la mettait au même niveau que Marie Taglioni et l’Opéra de Paris l’invita  mais Perrot n’était pas le bienvenu. Elle mit donc la condition de la réintégration de Perrot à l’acceptation de son contrat avec l’Opéra. En attendant Perrot collabora, à titre privé, avec le compositeur Adolphe ADAM (1803-1856) à un nouveau projet « Giselle » qui allait être monté à l’Opéra. Mais le maître de ballet en titre était Jean CORALLI (1779-1854) et il laissa  à Perrot (le suppléant) faire une partie du travail entre autre les scènes et variations exécutées par Carlotta.

Le ballet présenté le 28/6/1841 fut un triomphe et Coralli se déclara seul chorégraphe. (C’est le danseur Serge Lifar qui rétablira la vérité au XXe siècle.)

Carlotta fut propulsée au sommet de sa gloire et la muse de Théophile Gautier répondit à ses avances, ce qui sépara le couple Grisi/Perrot. Jules partit poursuivre sa carrière à l’étranger (aidé en cela par Coralli qui ne souhaitait pas que s’ébruita la vérité sur la chorégraphie de Giselle).

Début de sa carrière prolifique de chorégraphe à Londres

En 1842 Jules Perrot part à Londres comme assistant du maître de ballet André-Jean-Jacques Deshayes (1777-1816). Il le remplaça l’année suivante au Her Majesty’s Théatre où il composera pendant 6 ans
23 ballets dont 7 chefs d’œuvres, chacun d’eux dédié à une étoile à qui le ballet était destiné :

  • Pour Fanny Cerrito (1817-1919) : 3 ballets « Alma » en 1842/ « Ondine » en 1843 »/ « Lalla Rook » en 1846
  • Pour Fanny Elssler (1810-1884) : « Le délire d’un peintre » en 1843
  • Pour Carlotta Grisi (1819-1899) : « Esmeraslda Polka » en 1844
  • Pour Lucile Graham (1819-1907) : « Eoline » en 1845 et « Catarina » en 1846


 

Il chorégraphia aussi des divertissements tels que :
le fameux « Pas de 4 »[1] où les 4 grandes danseuses furent réunies : Tagliani/Grisi/Cerrito/Graham (Fanny Elssler était en tournée à l’époque en 1845

« Le jugement de Pâris »  en 1846/ « les Eléments » en 1849/ « Les 4 saisons » en 1848.

Il acquit ainsi la réputation de grand chorégraphe alliant danse et pantomime dans des ballets romantiques qui restent célèbres. Il travailla souvent avec le compositeur Cesare PUGNI (1802-1870).

Perrot poursuivit sa carrière au Théâtre impérial de St Pétersbourg de 1848 à 1859

En 1849 il se rend à St Pétersbourg car sollicité par le Théâtre impérial ; il y sera danseur, chorégraphe, maître de ballets.Il fera de nouvelle versionsde quelques uns de ses ballets comme « Esmeralda », « Catarina », « Ondine » et de nouvelles œuvres « La fureur des femmes » en 1852 et « Gazelda » en 1853.

Il épousera une élève de l’Ecole impériale de danse Capitoline Samovskaya avec qui il aura 2 enfants.

En 1859 ses idées démocratiques commencent à déplaire aux autorités qui le mette dans une situation délicate face à son avenir. Après un temps d’hésitation, il revint en France avec sa famille après 11 ans d’exil.

Retour difficile à l’Opéra de Paris après 11 ans à l’étranger

Il fut engagé comme professeur de danse à l’Opéra de Paris mais s’adapta mal aux changements opérés durant son absence.

Son ami Degas le représentera souvent dans ses tableaux.

Son salaire reçu subvenant à peine à ses besoins, sa fin de vie fut difficile.

Le 24 aout 1892 il mourut dans la misère à Paramé en Ile et Vilaine.

Ce fut un brillant danseur et un chorégraphe prolifique et inventif qui a pu exprimer ses talents à l’étranger. Malheureusement il subit une concurrence d’artiste à l’égo surdimentionné qui l’ont soit évincé, soit qui ont profité de son travail. L’Opéra de Paris n’a pas su exploiter ses talents.

Source : leschaussonsvertsblog
Le ballet occidental de M-Françoise Christout chez Desjonquères

[1]  Voir la chorégraphie  par 4 danseuses russes sur Youtube

TOLBECQUE Jean Baptiste Joseph (1797-1869) Musicien belge/français du XIXe siècle

Violoniste, compositeur de musiques festives et chef d’orchestre
dont la carrière s’est déroulée en France

Né le 17 avril 1797 à Hanzinne (Province de Namur) Belgique
Décédé le 23 octobre 1869 à Paris à 72 ans

Une fratrie de musiciens :

  • ses frères :  Isidore-Joseph (1794-1871) est violoniste, compositeur, chef d’orchestre,
    Augustin-Joseph (1801-1869) est violoniste
    Charles-Joseph (1806-1835) est compositeur et chef d’orchestre
  • son neveu : Auguste Tolbecque (1830 -1919 est compositeur, violoncelliste, luthier et musicographe

J-Baptiste étudie au Conservatoire de Paris. Il suit les cours de Rodolphe Kreutzer pour le violon et d’Antoine Reicha pour la composition.

Chef d’orchestre

En 1820 il entre à l’orchestre de l’Opéra Italien. Son successeur sera Isaac STRAUSS.
En 1825 il devient chef d’orchestre des jardins de Tivoli.
En 1828 il entre comme « altiste » dans l’orchestre associé à la Sté des concerts du Conservatoire de Paris dont il a participé à la création.

Il fut chef d’orchestre des bals de la cour du roi Louis-Philippe et dans de nombreux bals publics qui lui assurent une grande célébrité au début du XIXe siècle (malheureusement actuellement il n’est plus connu).

Compositeur

Il fut un célèbre compositeur pendant la deuxième moitié du XIXe siècle dont les partitions sont conservées à la BNF de Paris.
Son fameux « Galop des tambours » est joué en 1839 et 1840 au carnaval de Paris où il obtient un immense succès. Il est joué aussi au Théâtre de la Renaissance avec un orchestre comprenant 40 tambours.

Son concurrent Philippe MUSARD, qui lui succèdera dans les musiques de danses,  un « Galop des trompettes » en réponse.

En 1827 dans un autre registre, J-Baptiste a composé un opéra-comique « Charles V et Dugesclin« et
en 1851 un ballet intitulé « Vert-vert » qui eut un grand succès auprès du public.

 

ll est décédé le 23 octobre 1869 à Paris à 72 ans

COULON Jean-François (1763-1836) Danseur français début XIXe

Danseur, maître de danse, chorégraphe,
Créateur du style romantique des ballets et du travail sur les pointes

 Né en 1763 à Cassel (Hesse) Allemagne et décédé le 22 mai 1836 à Paris

Ses parents faisaient partie de la troupe française engagée par Frédéric II de Hesse-Cassel.
Descendance : il eut deux fils également danseurs :

  • Antoine Coulon né en 1796
  • Eugène Coulon né en 1808 (auteur du fameux quadrille Coulon)

Créateur du ballet romantique

Il fut professeur de danse au Théâtre de la Gaîté à Paris et enseigne une nouvelle technique dans l’exécution du ballet qualifiée de « romantique » tout en légèreté, en délicatesse plutôt qu’en performance physique même si, l’utilisation des pointes qui caractérisait ses cours demandaient des qualités techniques indéniables à ses élèves. Il fonda sa propre école et devint l’un des professeurs les plus renommés d’Europe.

En effet au XVIIIe siècle les femmes dansaient avec des chaussures à talon  ce qui faisait du bruit sur la scène et Coulon adopta le chausson de satin directoire qui donnait plus de souplesse au pied et surtout silencieux. De la demi-pointe, la technique évolua vers encore plus d’élévation et un renforcement du bout du chausson  (que les danseuses faisaient elles-mêmes) aboutit à la pointe que nous connaissons aujourd’hui dans la danse classique.

Il fit sa carrière à l’Opéra de Paris

En 1807 il fut nommé professeur de la classe de perfectionnement de l’Opéra de Paris et plusieurs de ses élèves devinrent de célèbres danseurs dont : Geneviève Gosselin (qui initia les pointes mais mourut prématurément), Louis Henry, Filippo TAGLIONI et sa fille Marie TAGLIONI (ce fut elle qui sacra la pointe le 12 mars 1832 dans la « Sylphide » ballet-pantomime féerique monté  pour elle par son père Filippo).

COULON Antoine  (1796-1849) – Danseur français XIXe
Danseur à l’Opéra de Paris et à Londres

(Son descendant Georges Coulon a eut des fonctions officielles en France)

Né  en 1796/Décédé le 3 septembre 1849 à Paris lors d’une épidémie de choléra à 53 ans

Il fera carrière à l’Opéra de Paris où il est danseur étoile et au Her Majesty’s Théatre de Londres où il sera régisseur du ballet de 1844 à sa mort.

Vie privée

Marié à  Augustine-Antoinette Finot-Léonard, artiste chorégraphe qui accoucha d’un fils Georges.Mais  dont Antoine n’est que le père officiel de ce bébé  né le 11 mars 1838 à Paris et mort le 20 février 1912 à Paris 16e.  En effet Georges était probablement le fils naturel d’Eugène Scribe, le célèbre auteur dramatique et librettiste français.

Georges fut préfet de Vendée et vice-président du Conseil d’Etat. Il est enterré à St Georges de Didonne lieu de la maison familiale la « Jean marmaille » (car père de 6 enfants tous ayant un prénom composé avec Jean). Cette maison est toujours occupée par la famille Coulon actuellement.

COULON Eugène  (1808 – 18  ?   ) – Danseur français XIXe
Danseur en France et à Londres , il publia des manuels de danses de salon

Né le 7 avril 1808 à Paris

Il est connu en Angleterre pour son introduction de la polka et mazurka en 1844 et la redowa en 1846. Il travailla avec son père J-François et son frère Antoine aussi bien en France qu’en Angleterre.

Il fut maître de danse de la famille royale de Hollande, du duc de Saxe Weimer et aussi maître de danse de la noblesse anglaise.

Il a publié an 1848 à Londres son manuel de danse « Hand-book containing all the last and fashonables dances » dans lequel est décrit de nombreuses danses dont le Quadrille français qu’il a aménagé pour 4 couples qui dansent ensemble.