Histoire

COLLINET Edmé (père)/COLLINET Hubert (fils) – Musiciens français

Musiciens : tous les deux virtuoses du « flageolet » (petite flûte) 

Edmé Collinet (1705-1841) est né le 10/11/1765 à Semur en Auxois
et décédé le 18/12/1841 à Paris.
Il perfectionna son instrument en ajoutant des clés.

Il fut engagé par Julien CLARCHIES directeur d’orchestre de contredanses. Sa virtuosité est telle qu’on ne veut danser à Paris qu’au son du flageolet de Collinet.

De 1820 à 1825 Edmé, habitant à Paris au 50 rue St Honoré, est inscrit dans le Bottin comme :

– marchand de musique,
– directeur des orchestres de bals du duc de Berry
– professeur de flageolet et de musique,
– créateur de contredanses
En 1824 il publia « L’art de danser à la ville et à la cour- Nouvelle méthode de vrais principes et des danses françaises et étrangères ».
En 1790 il y a environ 400 bals à Paris. On y pratiquait la contredanse d’origine anglaise, introduite en France au XVIIIe siècle

Il est mort à son domicile au 11 rue Vavin à Paris.


Hubert COLLINET né en  1797 à Semur en Auxois et décédé à Paris le 22/6/1867

Reconnu encore meilleur virtuose que son père grâce à l’élégance de son jeu au flageolet.

En 1830 il s’établit à Paris rue St Augustin comme marchand de musiques et d’instruments. Lui aussi jouait du flageolet dans des orchestres célèbres de l’époque tel qu celui de Louis-Antoine JULLIEN et Philippe MUSARD.

A la mort de son père, Hubert habitant à Londres car il avait rejoint l’orchestre de Louis-Antoine Jullien (1812-1860) compositeur et chef d’orchestre (rival de Musard). En effet JULLIEN avait dû quitter Paris à cause de problèmes financiers.
En 1853 l’orchestre de Jullien part pour une tournée aux Etats-Unis et triompha à New York et H. Collinet est du voyage. Il quittera l’orchestre en 1859 quand Jullien de retour  à Paris, se fera arrêter pour faillite et mis en prison.
Hubert Collinet est décédé à 70 ans à l’hôpital Fernand-Widal en juin 1867. Il habitait au 20 rue Lacepède et son épouse au 66 rue Truffaut.

Source : blog  facteurs et marchands de musique
blogpot.com/2015/02/collinet-pere-et-fils-virtuoses-du-flageolet.html

JULLIEN Louis Antoine (1812-1860) – musicien français

Musicien, compositeur  de danses, chef d’orchestre

Né le 23/4/1812 à Sisteron et décédé le 13/3/1860 à Neuilly.

Son père Antoine JULLIEN  est chef de musique d’harmonie de régiment et violoniste : il lui apprend  plusieurs instruments. Le jeune Louis, élevé comme enfant de troupe à la caserne, entra comme « petite flûte » dans la musique du régiment de son père.

En 1833, âgé de 21 ans, il monta à la capitale et se présenta au Conservatoire de Paris pour y faire des études de composition, dans la classe de contrepoint de Adolphe Le Carpentier. (Le contrepoint est une forme d’écriture musicale particulièrement utilisé pendant l’époque baroque  par Giovani Palestrina/William Byrd/Georg Haendel/J S Bach)
Ne voyant pas l’utilité de ces études, il demande à suivre les cours de Fromental HALEVY (1799-1862), compositeur français et y entra en déc 1814 jusqu’en 1836.

Il lança les concerts de contredanses

Il proposa à l’exploitant du « Jardin turc » lieu de divertissement parisien situé bd du Temple, de donner des concerts de contredanses, les soirées d’été. Son projet accepté, il composa aussi des musiques de quadrilles, polkas qui eurent beaucoup de succès. Il agrémenta ses concerts d’éléments festifs tels que coup de canon, feux d’artifice qui lui valurent une grande notoriété.

Il dirigea aussi de prestigieuses salles parisiennes dont les bals de l’Opéra au Carnaval de Paris. Il était en cela le grand rival de Philippe MUSARD.
Ayant engagé plus de dépenses au « Jardin turc » que ne lui rapportait la recette, il dû vendre des biens en juin 1838 pour échapper aux poursuites judiciaires.

La gloire à Londres

L’Angleterre lui faisant des offres plus favorables à ses talents de compositeur, il s’y établit en 1838 et y resta 20 ans alternant bonne et mauvaise fortune. La popularité de son orchestre et son activité prolifique de composition de quadrilles,  valses, polka, lui valut une grande notoriété. Ses fameux « concert-promenades » à prix modique attiraient une foule populaire très nombreuse. Il n’hésitait pas à parcourir l’Angleterre, l’Ecosse, l’Irlande avec tout son orchestre.

La maison de commerce des musiques de sa composition, qu’il avait fondée à Londres, lui fournissait des revenus confortables. Mais voulant passer à la postérité pour des opéras, il se mis au travail après étude de certains procédés d’écriture auprès de François Fétis, compositeur belge et écrivit la partition de « Pietro II » grand opéra de 5 actes qu’il ne réussit pas à faire jouer.

Aussi en 1847 il acquit la salle prestigieuse du théâtre royal de Drury Larne située dans le quartier de Coven-Garden à Londres (plusieurs fois reconstruit entre 1663 et 1812) et y fit jouer son opéra en 1852 qui lui valut de féroces critiques. Il engagea Hector Berlioz comme chef d’orchestre.
Ayant eu de grosses pertes, il dut vendre sa maison de commerce de musique. Malgré son échec, il redoubla d’activité et parvint à remonter la vague et à faire des bénéfices avec lesquels il acheta une propriété en Belgique.

Une triste fin

En 1853 il partit en tournée à New YorK avec Hubert COLLINET comme musicien dans son orchestre. Mais les dernières années furent désastreuses et il fit de mauvais placements dans une entreprise de fêtes et de concerts au Royal Surrey Garden entre 1855 et 1856 ce qui acheva de le ruiner.

Poursuivi par des créanciers et de retour à Paris, il fut arrêté et emprisonné pour dettes. Après quelques mois, il recouvrit la liberté. Mais ses espoirs de se rétablir furent contrariés par des signes d’atteinte mentale en février 1860 et lors d’une crise il se frappa de 2 coups de couteau et il fut interné dans une maison de santé à Neuilly où il mourut un mois plus tard.

Ses contemporains :

  • Johan Strauss père : musicien alto à Vienne, précurseur de la valse viennoise
  • Joseph Lanner (1801-1843) : compositeur, violoniste à Vienne

Historique des danses du XIXe siècle: les quadrilles

 

Les contredanse ont été introduites en France au XVIIIe siècle importées d’Angleterre. Elles se dansaient souvent en carré à 4 couples, d’où le nom de quadrille, et prenaient le nom de quadrette  avec deux couples en vis-à-vis. Au début su XIXe siècle les pas baroques ont été gardés puis peu à peu, on passe au pas marché afin que les quadrilles puissent être dansés dans les bals populaires et dans les campagnes..

Certaines contredanses sont fixées et ont donné le quadrille français qui ne comportait que 3 figures au Directoire et Premier empire appelée : la Christian, la Hortense, la Victoire.
Par convention l’ordre des couples est déterminé de 1 (celui près de la musique) à 4  et chacun deviendra « couple meneur » à tour de rôle en répétant la figure.  On peut danser avec sa partenaire ou avec son vis-à-vis (la personne qui est en face).

Certains déplacements reviennent dans les figures de quadrilles. Il est utile que les danseurs les connaissent en préalable : la chaîne anglaise ou grande chaîne, la chaîne des dames, la queue du chat, l’avant 2, (2 personnes en vis-à-vis), l’avant 4 (les 2 couples en vis-à-vis), le dos à dos, le moulinet par exemple.

Chaque quadrille et en principe composé de 5 figures. Leur description se trouve dans les traités publiés par divers maîtres de danse du XIXe siècle comme Eugène Giraudet, Lussan-Borel, François Paul, Gustave Desrat. Il y a souvent des variantes apportées soit par le chorégraphes lui-même, soit par d’autres professeurs qui ont créé leur propre version.
Les pas baroques sont peu à peu abandonnés pour permettre au plus grand nombre de danser, même dans les campagnes. De nombreuses chorégraphies sont crées jusqu’à la fin de la première guerre mondiale.

Des chefs d’orchestre également organisateurs de bals tels Philippe MUSARD et Louis JULIEN, vont contribuer à faire danser les quadrilles (et autres danses) aussi bien à la cour de Napoléon III et Eugénie, qu’en Angleterre pendant le règne de la reine Victoria.

Quelques quadrilles célèbres :

Le quadrille français composé du Pantalon, l’Eté, la Poule, la Pastourelle, le Galop (la 5e fig est plus tardive) Céleste Mogador, vedette du Bal Mabille, popularisa ce quadrille en France avec la musique d’Offenbach. Musiques de Strauss, Clarchie, Ganné, Verdi

Le quadrille des Lanciers composé des Tiroirs, les Lignes, les Moulinets, les Visites, les Lanciers. (inventé à Dublin en 1818 par un prof. de danse Duval. Importé en France vers 1850

Le quadrille américain composé des Promenades, la Corbeille, les Chevaux de bois, les Visites, l’Américain. (chorégraphie de Célarius et J. Martin de Philadelphie) – Musique de Musard

Le quadrille des variétés parisiennes composé de

  1. l’Invitation (valse)
  2. l’Etoile (polka)
  3. le Prisonnier (valse)
  4. l’Alternante (polka-mazurka)
  5. la Rosace (valse).

Le Polo (La Promenade/La Corbeille/ La traversée/La nouvelle pastourelle/Le Polo), apparu en 1865 – Traités de Lussan-Boral et de Giraudet

Le Passe-passe quadrille (Passe-passe/Passera/Petite menuet/Chaîne des flleurs/Tour du monde en 16 heures (1883) – Traité de Gustave Desrat – Réglé par J. Rémond de l’Opara Paris

Le  Quadrille des Lanciers valsés Traité de Lussan-Borel
Triangle nouveau quadrille Traité de François PAUL (1877)
Quadrille des dames créé par M. Perrin prof. de danse (1860) Traité de Edmond Bourgeois

Les quadrilles furent exportés par nos compatriotes au Canada et en Louisiane. Ils sont à l’origine de la « country américaine » actuellement très en vogue.

Vers la fin du XIXe siècle, les quadrilles disparaissent au profit des danses en couple fermé et des musiques à l’influence américaine.

Historique des danses de la Belle Epoque

La « Belle Epoque » est une transition entre la fin du XIXe siècle et le début du XXe siècle ; elle va approximativement de 1870 à 1914.
La danse de bal reflète l’évolution et les bouleversements apportés par les brassages de cultures dus :

  • aux expositions universelles,
  • au développement des transports,
  • au progrès technique
  • et à l ‘influence des nouveaux rythmes américains :
    • Le boston américain est arrivé en 1875. C’est une variante de la valse, plus lente avec des pas croisés et progressifs.
    • Le two-step dans lequel on passe du chassé binaire de la polka, à ceux ternaires et légèrement sautés.

Néanmoins, la France danse toujours la polka, la mazurka, la scottish, entre autre dans chaque coin de France se pratique ces « danses sociales » qui réunissent les gens de tous âges lors des fêtes familiales ou de villages. Quelques nouveautés : le pas de quatre, le pas de patineur.

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De la contredanse aux quadrilles

La contredanse désigne une danse d’origine anglaise : la country danse soit danse de campagne  dans laquelle les danseurs se positionnent sur deux lignes en vis-à-vis. Elle apparaît en Angleterre au milieu du XVIe siècle, au début du règne d’Elisabeth I car les habitants des campagnes avaient l’habitude de danser devant elle lors de ses visites des danses typiquement anglaises.

L’imprimeur John Playford (1623- 1686) publia en 1651 un ouvrage intitulé The English Dancing Master qui rassemble 105 manières de danser la Country Dance. Cet ouvrage sera complété jusqu’en 1728, référençant alors 900 danses et plusieurs volumes.

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