DELALANDE Michel-Richard (1657-1726) Musicien français fin XVII/Début XVIIIe

Musicien organiste, claveciniste

Compositeur de musique religieuse (motet) ; il introduisit les voix féminines dans l’église
Maître de la chapelle royale de Versailles, Maître de musique de chambre de Louis XIV
composa des divertissements, des pastorales, des ballets

Né le 15 décembre 1657, à Paris – Décédé le 18 juin 1726 à Versailles, à 68 ans

Ses parents : Michel de Lalande et Claude Dumonstier. Ils sont marchands tailleurs à Paris.
Il est le dernier d’une famille de 15 enfants.

Entre 1667 et 1672  en compagnie de Marin MARAIS, il entre à St Germain l’Auxerrois pour chanter dans le cœur comme chantre et choriste. On le forme aussi à la pratique instrumentale : le clavecin et l’orgue. On lui enseigne aussi le français, le latin et l’arithmétique.

Le maître de chapelle François Chaperon détecte en lui des dons en musique et une voix remarquable aussi il lui confie les parties solistes.

Orphelin à 15 ans, il est recueilli par l’une de ses sœurs à Paris. Il poursuit sa formation en autodidacte et son beau-frère organise des concerts où on joue ses compositions.

Il commence une carrière d’organiste et devient le professeur des enfants de Louis XIV

En février 1619 il commence une carrière d’organiste à l’église St-Gervais jusqu’en 1685 et à l’église des Grands Jésuites de St-Louis et au couvent du Petit St-Antoine.

En juin 1678 à 21 ans, il est jugé trop jeune par Louis XIV pour le poste d’organiste. Mais il devient le professeur de clavecin chez le duc Anne-Jules de Noailles. Il y gagne une excellente réputation qui lui permet d’enseigner aux deux filles de Louis XIV et de Mme de Montespan. Le roi lui offre un logement au château de Clagny.

En avril 1680 le « Mercure galant » cite qu’une de ses musiques est jouée à la Ste Chapelle « Musique pour les jours de ténèbres ».

En mai 1682 il remplace l’organiste de l’église St Jean-en-Grève Pierre Méliton accidenté à la main et ce jusqu’en 1691 ; Il débute aussi sa collaboration avec un compositeur italien arrivé en France Paolo Lorenzani et ils  composent ensemble une « Sérénade en forme d’opéra » qui connaît le succès.

Sa carrière au service du roi Louis XIV à la chapelle royale de Versailles

En 1683 la Cour assiste à l’office religieux dans la Chapelle royale dont la construction est terminée (avant la messe était dite au Salon d’Hercule).

Sur les conseils de LULLY, le roi veut prendre plusieurs maîtres de chapelle, en raison de la grande variété de la musque qui est jouée. Il a organisé un concours auquel participe DELALANDE et Louis XIV choisit 8 musiciens parmi 35 candidats.

La charge de la musique est répartie sur l’année, en plusieurs périodes appelées «les quartiers ».(trimestres) Delalande partage cette charge avec trois autres compositeurs.

Le 14 janvier 1686 un arrêt du Parlement de Paris interdit les psaumes en français (l’édit de Fontainebleau)  sur ordre de Louis XIV, ce qui demande aux compositeurs d‘avoir des connaissances en musique mais aussi en latin Le maître de chapelle devait assurer les messes mais aussi les fêtes religieuses tombant dans son quartier.

Mais très vite ses collaborateurs s’avèrent moins compétents et il restera le seul à partir du 1er juillet 1715

Delalande conserve ses 4 quartiers jusqu’en janvier 1723 mais après le décès de son épouse, il propose au roi d’en céder trois car il veut réduire ses activités. Louis XV nomme trois autres compositeurs mais qui seront moins bons. Ce n’est qu’en 1740 que Jean-Joseph Cassonéa de Mondonville sera d’un niveau équivalent à Delalande.

Ses œuvres religieuses

Il écrivit 77 grands motets pour les messes  quotidiennes, et les cérémonies familiales :

  • le 25/6/1685 – pour le mariage de Mgr le Duc de Bourbon et Melle de Nantes à Versailles
  • le 01/5/1690 – « Dies irai» pour les obsèques de la Dauphine Marie-Anne Victoire de Bavière.
  • le 07/12/1697 – pour le mariage de Louis duc de Bourgogne et Marie –Adélaïde de Savoie à Versailles
  • le 12/10/1698 – « L’amour fléchi par la constance» pour le mariage de Melle Elisabeth-Charlotte d’Orléans avec Léopol 1er de Lorraine à Fontainebleau
  • le 25/10/1722 – il dirige la musique des cérémonies du sacre de Louis XV

Le 9 janvier 1689, à 31 ans, il est nommé « Surintendant de la musique de la Chambre du roi. »

Pour jouer pendant les repas il dispose de la formation des  « 24 violons du roi.

 Ses œuvres profanes

Opéra   5/04/ 1683       « Les fontaines de Versailles au château de Versailles
1683                            » L’amour berger » joué pendant le carnaval
Ballet 28/1/1686        « Ballet de la jeunesse » au Petit théâtre de Versailles
1713                          « Le Ballet de la paix »
22/10/1721               « Les élémens » dansé par le roi aux Tuileries
Pastoral héroïque      « Mirtil et Mélicerte » intermède de musique et de danse
Concert mai 1683       « Concert d’Esculade » pour le roi chez Mme de Montespan
17/3/1725                Collaboration de Delalande et son jeune élève André Cardinal dit  DESTOUCHES « Symphonie pour les soupers du roy » donné au  premier Concert spirituel[1]

Vie privée

Le 9 juin 1684 il épouse à Versailles Renée Anne Rebel, sœur aînée de Jean-Féry REBEL (violoniste et compositeur français) et également sœur aînée de Mme de Thianges (sœur de Mme de Montespan). Les témoins de mariages sont le roi et plusieurs membres de la famille royale.

Le couple aura deux filles : Marie-Anne née en 1686 et Jeanne née en 1687.

Mme Delalande a une belle voix qui lui a permis de chanter dans le chœur de  l’église depuis l’âge de 10 ans. Les deux filles chanteront aussi à la Chapelle royale et seront remarquées par le roi ; il leur octroiera à chacune une pension de 1000£ en avril 1706.

Effectivement la musique sacrée écrite par Delalande est destinée aux voix féminines en dépit de la tradition masculine. (En effet dans l’épître de St Paul il est écrit « que les femmes devaient se taire à l’église ». C’est pourquoi les castrats chantaient les voix aigues. En 1697 on dénombrait 9 castrats, principalement italiens, à la Chapelle royale).

Mais en 1711 ses deux filles décèdent de la variole et il perd sa femme en mai 1722.

En 1723 Delalande se remarie avec Marie-Louise de Cury (1692-1775) qui joue de la viole de gambe. Ils auront une fille Marie-Gabrielle (1724-1781)

Delalande décède le 18 juin 1726 à Versailles d’une fluxion de poitrine.

Plus tard Louis XV octroie à sa veuve par lettre patente, le privilège d’imprimer et de vendre les œuvres de son mari pendant 20 ans (juillet 1746). La publication des œuvres sera achevée en 1728. Sa veuve entretiendra la mémoire de son époux en faisant éditer 40 de ses motets accompagnés d’une notice biographique

[1] Concert spirituel : nom d’une organisation de concert inaugurée à Paris le 17/3/1725. L’institution perdurera 66 ans jusqu’en 1791 et marquera le monde musical par ses innovations et la qualité de ses productions.

VESTRIS Gaétan (le père) 1729-1808 – Danseur franco-italien du XVIIIe

De son vrai nom Gaétano Apolline Baldassare VESTRIS
Danseurs, chorégraphe, maître à danser considéré comme « le premier dieu de la danse » 
Il est le père d‘Auguste VESTRIS nommé « Second dieu de la danse »

Né le 18 avril 1729 à Florence et décédé le 23 septembre 1808 à Paris

Famille
Parents : Thomas Vestris et Violante Bruscagni qui ont eut 7 entants
Sa soeur Thérèse et son frère Angiolo furent également danseurs.

Formé très jeune à la danse et à la musique

Il débute comme danseur en Italie, puis à Vienne où sa famille travaille à la cour impériale, puis à Dresnes.
A l’automne 1747, à 19 ans Gaétan  rejoint sa sœur à Paris  et entre à l’école de danse de l’Académie royale où il se perfectionne auprès de Louis DUPRÉ (1690-1774). maître de ballet renommé.

Son allure le fit classer dans la catégorie de « Danseur  noble »

En  avril 1749 Gaétan intègre le corps de ballet puis en 1751 devient danseur solo lorsque Dupré se retire. il. Etant donné sa morphologie (grand et mince) et la distinction de ses mouvements, il intègre la catégorie des danseurs ‘ « noble »[1] bien qu’étant « jarreté » c’est-à-dire des hanches étroites et des cuisses trop rapprochées. A force de travail, il surmonta cette imperfection.

Lors de sa première apparition à Paris, on le surnomma « l’Apollon » par son charisme, ses mouvements de bras majestueux qui mettaient en valeur la grâce virile qui émanait de sa personne. Les Cours d’Europe se le disputaient en tant que modèle du héro homérique tant prisé des scènes lyriques. A la cour de France chacun s’évertuait d’imiter ses toilettes et coiffures élégantes et Louis XVI en fait son maître de danse.

Imbu de sa personne avec un caractère difficile

Mais les airs prétentieux et hautains de Vestris, son fort accent italien, son aplomb qui frise l’impudence, le font la cible de plaisanteries.[2] Très imbu de sa personne, il a un caractère difficile et souvent en conflit avec son entourage.

Malgré deux renvois temporaires, il fait une longue carrière à l’Opéra de Paris

En 1754 après un différend avec le directeur de l’Opéra  Jean-Barthélémy LANY, il est renvoyé. Il subit trois mois d’emprisonnement à Paris puis Vestris est réintégré car on manque de soliste masculin.

Il demande un congé pour rejoindre la Cour de Berlin puis va à Turin où il règle son premier ballet.

En 1755 Gaétan se produit à côté de sa sœur Thérèse.et de son frère Angiolo à l’Opéra de Paris.dans « Roland » livret de Ph. QUINAULT et musique de LULLY et réintègre les spectacles de la Cour.
Il figure dans de nombreux intermèdes  d’Opéra réglés par Antoine LAVAL puis Michel Laval (son fils) en donnant au genre « noble » une expressivité toute italienne .

« Thésée et Alceste ou le triomphe d’Alcide » de Quinault et Lully
« La naissance d’Osiris » de CAHUSAC et Rameau
« Thétis et Pelée» de Fontenelle et Pascal Colasse

En 1757 Gaétan et Thérèse sont appréciés dans :

« Surprise de l’amour » de Gentil-Bernard et J-Ph. Rameau
« Alceste » en 1758
« Les amours des dieux » de MOURET
« Les Indes galantes » de J-Ph. Rameau
« Amadis » de Quinault et Lully
« Armide » en 1761
« Castor et Pollux» en 1772 de Gentil-Bernard et J Ph. Rameau où Gaétan retire masque et perruque sur scène

En 1761 il est nommé maître et  compositeur de ballets adjoint de Lany puis prendra sa succession en tant que
Directeur en 1770. (en 1776 il délaissera la charge de chorégraphe dans laquelle il n’est pas à l’aise).

Vestris est un grand admirateur de Noverre pour ses innovation scéniques

Parallèlement à sa carrière parisienne, il va régulièrement à Stuttgart pour interpréter les ballets que Noverre a crées pour la Cour du duc de Wurtemberg. En effet Vestris est un admirateur de Jean-Georges NOVERRE (boudé un France) car il permet aux danseurs de jouer un  personnage, sans masque ce qui est très novateur à l’époque.

Gaétan crée pour les ballets de Noverre des rôles mêlant performance technique et expressivité :

« « Apelle et Campaspe » (1776
« Les Horaces » (1777)
« Les caprices de Galathée » (1787)
« La mort d’Hercule » (1791)
« Jason et Médée » (1763) créé au Hoftheater de Stuttgart à l’occasion des fêtes pour l’anniversaire du duc de Wurtemberg.

En 1767 il est rayé des listes de présence car le directeur de l’Opéra lui reproche ses absences pour danser à l’étranger mais les recettes baisses car le public le réclame, aussi il est vite réintégré et nommé Maître de ballet de l’Opéra de 1770 à 1775. En 1776 il a pour successeur Noverre.

Pour la saison 1780/81 il triomphe au King’s théâtre de Londres avec son sils Auguste. Ils y retournent régulièrement monter les ballets de Noverre..

Lorsque les Vestris père et fils paraissent à Londres, leur représentation déclenchait une ovation indescriptible. Le petit costume bleu du petit danseur lança immédiatement la mode du « bleu Vestris » et à une soirée le Parlement dû interrompre sa session pour que les membres puissent assister aux représentations.

Après 30 ans à l’Opéra de Paris il fait ses adieux à la scène le 12 mars 1782 à 53 ans.

Il part à la retraite et va vivre avec la danseuse  Anne HEINEL avec qui il se mariera 10 ans plus tard le 16/6/1792 et reconnaîtra Adolphe, le fils qu’ils ont eut ensemble l’année précédente.

 Il part en retraite avec une aisance financière mais sa situation se dégrade à la Révolution de 1789 car ses appointements sont suspendus. Il doit enseigner et reprendre la scène : en 1791 avec son fils à Londres, et en 1795 à l’Académie de Paris.

En 1797, son fils Auguste lance une pétition pour que son père danse 4 fois, bien qu’âgé de 68 ans et paraît dans  un menuet de« Ninette à la cour » de Maximilien Gardel puis en 1799 et une dernière fois en 1800 avec Auguste et son petit-fils Arnand.

Il meurt le 23 sept 1808 à Paris ; il est enterré au cimetière de Montmartre auprès de sa sœur Thérèse et sa femme Anne décédée en 1803. Son fils Auguste le rejoindra en 1842.

La « belle danse » perdit son dernier danseur « noble ». Il avait su embellir la danse par ses performances techniques, par la vérité de son action et son talent d’acteur. Il fut également un excellent professeur. On le proclama « le dieu de la danse

Il reconnut tardivement son fils Auguste « 

Le 16 juin 1792, à 63 ans, il se maria avec la danseuse allemande Anne Heinel (1752-1803) qui était à l’Opéra de Paris ; ils adoptèrent le petit Auguste, enfant illégitime qu’il avait eu avec la danseuse Marie ALLARD .

Visitant une école de danse, il remarqua un garçon de 9 ans, très doué, qui lui ressemblait. Dès lors Gaétan Vestris pris chez lui son fils et s’occupa de sa formation de danseur. Si bien qu’à 11 ans
(en 1771) l’enfant fit ses débuts sur la scène de l’opéra subjuguant le public. Son nom fut transformé en VESTRALLARD puis il fut légalement adopté par son père et devint Auguste VESTRIS.

[1]  Jusqu’en 1830, les élèves de l’Opéra sont classés d’après leur physique en 3 catégories :
– la danse « noble » exige haute stature bien proportionnée et les traits emprunts de distinctions et de majesté.
– la danse de « demi-caractère » taille moyenne et une silhouette svelte, gracieuse et visage agréable
– la danse « comique » aspect plus trapu et physionomie enjouée

[2] Exemple de fanfaronnade : Après la victoire de Bonaparte en Italie, fou d’enthousiasme, il s’écria « cet homme mérite une récompense extraordinaire ; il me verra danser ».

Source : blog Les chaussons verts, Wikipedia, livre « Les danseurs mythiques » Claire Paolacci – Ed. Ellipses

* Jusqu’en 1830 les élèves de l’Académie royale de danse sont classés d’après leur physique en 3 catégories :

  • la danse « noble » qui exige haute stature bien proportionnée et les traits emprunts de distinctions et de majesté
  • la danse de « demi-caractère » pour les tailles moyenne et une silhouette svelte, gracieuse et un visage agréable
  • la danse « comique » aspect plus trapu et physionomie enjouée.

LANDÉ Jean-Baptiste (169?-1748) Danseur français XVIIIe

Danseur, maître de ballet initiateur de la danse française à la cour de Russie
Premier directeur du Marinsky ballet à St-Pétersbourg

Né    ?        à Bordeaux (lieu supposé où habitaient ses parents)
Décédé le 26 février 1748 à St-Pétersbourg

Le 4 mai 1697 il prête serment de maître de danses au Théâtre de Bordeaux.

Il danse à Paris, à Dresde.
Et en 1721 il arrive à Stockholm pour devenir maître de ballet à la cour du Suède engagé par le roi Frédéric 1er. En 1724 il fait venir une troupe de théâtre française à l’Opérai Bolhuset à Stockolm dont il est devenu Directeur. Il y crée l’Académie royale de danse et de musique.

En, 1726 l est maître de ballet invité au premier théâtre  public de Copenhague  le théâtre de Lille Grönneade où il se produit avec sa femme.

En 1728 il quitte la Suède après un conflit avec l’acteur Charles Langlois qui empiète sur son privilège théâtral en arrangeant ses propres pièces.

Il part au Danemark où il essaie de remonter le seul théâtre qui existait avant sa fermeture en 1728. Mais le théâtre était interdit par le roi, d’un protestantisme rigide, de 1730 jusqu’en 1746. Landé travaille alors comme professeur de danse.

Landé introduit la danse classique française en Russie
En 1734 il est invité par le conseiller d’Anne de Russie à St Péterbourg pour enseigner la  danse à l’école militaire des cadets qui doivent participer aux bals donnés par la cour impériale.

Il est chargé d’organiser une école de danse pour les enfants pauvres mais qui présentent des qualités de danseurs. Et en 1735 ses élèves proposent un ballet qui a forte impressionné l’impératrice Anne de Russie. En 1738 son école devient l’Ecole impériale de St Pétersbourg située dans le Palais d’Hiver et composée de 12 filles et 12 garçons enfants des domestiques de la cour. Il a ainsi formé les premiers danseurs russes en Russie.

L’école de danse classique russe créée par LANDÉ est imprégnée de l’élégance française puis de la technique italienne grâce aux maîtres italiens qui lui ont succédés.

Ce fut une de ses élèves Agrippina VAGANOVA qui conçu une méthode pédagoqique qu’elle appliqua en 1921 quand elle quitta la scène. L’actuelle Académie de ballet Vaganova en est l’héritière et plusieurs grandes danseuses formées à Voganova  rejoindront la compagnie de ballet du Mariinski.

De 1733 à 1747 directeur du ballet impérial à St-Pétersbourg

Landé sera aussi nommé maître de ballet de la Cour mais il entre en concurrence avec Antonio RINALDI, chorégraphe italien qui lui succèdera à ce poste après sa mort.

Il est décédé le 26 février 1748 à St-Péterbourg

D’autres maîtres de danses et chorégraphes français  prendront sa suite pendant tout le XIe siècle

Landé est le fondateur du ballet en Russie, préparant la voie de ses successeurs français : Charles LE PICQ, Charles-Louis DIDELOT , Jules PERROT, Arthur  St-LÉON, Marius PETIPA 

Le français et les termes français sont toujours employés en Russie pour la danse classique

LANY Jean-Barthélémy (1718-1786) Danseur français XVIIIe

Danseur, maître de ballet, directeur du ballet de l’Académie royale de musique de Paris

Né le 24 mars 1718 à Paris
Décédé le 29 mars 1786 à Paris à 68 ans

Famille :
.  son père Jean Lany maître de ballet.
.  sa sœur  Louise-Madeleine LANY(1733-1777) célèbre danseuse de l’Opéra ; elle danse avec NOVERRE dans « L’Ambigu de la folie » à la foire de St-Laurent à Paris en 1743 puis à l’Académie royale de musique en 1744. Ils dansèrent plusieurs ballets ensemble tant à Berlin qu’à Paris. Elle sera en concurrence avec Marie SALLÉ.

.  son beau-frère le danseur Raymond-Balthazar Dourdé (1715-1775)

En 1740 il débute à l’Académie royale de musique de Paris.

De 1743 à 1747 il est engagé  à la cour de Frédéric II de Prusse  à Berlin où il chrégraphie notamment  pour la danseuse italienne Barbara CAMPANINI.

Pendant 20 ans Directeur du ballet de l’Académie royale de musique de Paris

En 1748 de retour à Paris, il est engagé comme maître de ballet et directeur jusqu’à sa retraite en 1768, succédant à Antoine LAVAL. Ce sera Gaétan VESTRIS qui lui succédera.

Il mettra en scène des ballets sur des musique de J-Philippe RAMEAU

« Les fêtes de l’hymen et de l’amour » (1748), « Platée » (1749), « Naïs » et « Zoroastre » (1749,
« La guirlande ou les fleurs enchantées » (1751), « Les surprises de l’amour » 1757), « Les baladins » (1760)

De 1753 à 1780 il est membre de l’Académie royale de danse.

De 1762 à 1773, il règle les ballets de la cour de Versailles puis va à Turin et à Londres.

Ses élèves :

  • Maximilien GARDEL
  • Thérèse VESTRIS, sœur de Gaétan
  • Mie-Madeleine Crépé dite Melle Théodore

Vie privée :

Il eut pour maîtresses :

  • Thèrèse Vestris (1726-1808), sœur de Gaétan VESTRIS  en 1752 à Paris (danseuse et courtisane)
  • Marie-Hélène Broquin de la Chassaigne (1747-1820) actrice de la Comédie française

LE PICQ Charles Félix (1745-1806) Danseur français XVIIIe

Danseur, chorégraphe, maître de ballet qui collabore avec Noverre
A travaillé principalement en Italie et à S-Pétersbourg

Né le 2 mars 1745 à Strasbourg/Décédé le 29 octobre 1806 à Saint-Pétersbourg à 61 ans.

Issu d’une famille de danseurs :
Ses grands- parents :
Antoine Le Picq né en 1673 en Picardie et Charlotte Coudu, fille du maître de danse André Coudu

Ses parents : Jean Félix Charles Picq,né en 1713 à Strasbourg, danseur, maître de danse  et Marie-Magdaleine Kugler née en 1720

Ses 3 oncles (frères de son père) maîtres de danse :
Christophe (né en 1704)/Claude Joseph (né en 1716)/Martin Charles (né en 1719)

Vie privée :

Il s’est marié en 1789 à St-Péterbourg avec Gertrude Ablöscher, danseuse allemande (dont le premier mari est Domenico Rossi avec qui elle eut un fils : Carlo Rossi).

Ils eurent 3 filles (Caroline/CHenriette/Marie-Gertrude) et un fils : Charles Le Picq.

Formé par NOVERRE avec qui il continua à travailler à Paris et à Londres

Avant 1760 il étudie la danse avec J-Baptiste François Dehesse à Paris ;  puis de 1760 à 1764 avec Jean-Georges NOVERRE à Stuttgart.

Il danse dans différentes capitales d’Europe

De 1765 à 1769 il danse à  Vienne, Innsbruck, Varsovie, à Vienne

De 1769 à 1782 il part en Italie : Padoue, Venise, Milan, Florence, Naples

A l’automne 1776 Le Picq est invité par NOVERRE au Ballet de l’Opéra de Paris où il danse « Les caprices de Galathée » avec Marie-Madeleine GUIMARD, DAUBERVAL, Marie ALLARD. Le ballet obtient aussi du succès à Fontainebleau devant la cour et Louis XV.

Son talent et ses succès suscitèrent des jalousies à l’Opéra, ce qui lui fit renoncer à d’autres propositions et Le Picq préféra retourner à Naples.

De 1782 à 1785 NOVERRE l’invita au King’s théatre de Londres où il débuta dans « Apollon et les muses » comme soliste puis il put présenter ses propres compositions, puis fut nommé maître de ballet de. 1882 à 1885.Il créa « L’enlèvement des sabines » (1782), « Le tuteur trompé », « Les épouses persanes (1783),

A l’automne 1785 il part à Varsovie où il créé de nombreux ballets dont : « Alexandre et Campaspe », « Le déserteur » d’après Dauberval, « La pupille espagnole « , « Les folies espagnoles »

De 1786 à 1799 Le Picq est engagé comme premier danseur  au Theatre Bolchoï kamenny de St-Pétersbourg puis comme chorégraphe principal.

Il monte plusieurs ballets de NOVERRE et de Gasparo TAGLIONI et présente ses propres compositions :
« La bergère » (1789), « Les amours de Bayard » (1798), « Tancrède » (1799), «Castor et Polux » (1803).

Apprécié par la Cour de Russie, il chorégraphie la plupart des grandes fêtes données par Catherine II de Russie à la fin de sa vie.

En 1803 il publie en Russie, « La lettre sur la danse » de Noverre, en français.

Une mort soudaine

Peu après une leçon avec les grandes duchesses impériales, il fut frappé d’une crise d’apoplexie. Au bout de  36 heures, il expira le 29 octobre 1806 à St-Pétersbourg.

 

Après J-Baptiste LANDÉ, sous le règne d’Anne de Russie, Le Picq a contribué à apporter la technique de danse française en Russie. Il sera suivi par Charles-Louis DIDELOT, Jules PERROT, Arthur  Saint-LÉON , Marius PETIPA au cours du XIXe siècle.

NOVERRE Jean-Georges (1727-1810) – Danseur français XVIIIe

Danseur novateur, maître à danser, chorégraphe du « ballet d’action » bdu XVIIIe

Il fit évoluer le ballet :  les danseurs ne portaient plus de masque sur scène pour favoriser leur expression, il allégea le costume pour favoriser les mouvements.  Il donna du sens aux « ballets d’action ».  Ces changement amorcèrent le  ballet moderne.

Né  le 29 avril 1727 à Paris
Décédé  le 19 octobre 1810 à St Germain en Laye à 83 ans

Son père d’origine suisse, ancien adjudant de Charles XII, confia son fils au maître Louis DUPRÉ, danseur du genre « noble« * du XVIIIe s

* Il existait 3 catégories de classement  des danseurs/ses, selon le physique, à l’Opéra :
. le danseur « noble » devait être grand , bien proportionné, avec des geste élégants, une figure emprunte de distinction.
. le danseur « semi-caractère »  pour les plus petits ou moins élancés, et le danseur « comique » pour les personnages burlesques proches de la pantomime.

En 1742 , à 15 ans, il débuta comme danseur à la cour de Louis XV, à Fontainebleau.

En 1743 il débute à Paris à l’Opéra-Comique lors de la Foire de St-Laurent  dans « L’ambigu de la folie » ayant comme partenaires deux jeunes danseuses : Louise-Madeleine Lany et Melle de Puvignée.

Ses innovations sont boudées en France mais pas à l’étranger

Noverre pensait que le ballet ne devait pas être qu’une exécution académique mais aussi une pantomime expressive. Aussi il supprime les masques des danseurs, les perruques et les robes à panier. Il se met à dos les danseurs et le public parisien.

Par contre, lors de sa tournée à l’étranger, l’accueil est favorable : tant à Berlin (en 1749  à la cour de Frédéric II), qu’en Italie à Milan où il rencontre Gasparo ANGIOLINI avec qui éclate une polémique sur la paternité  « ballets d’action » ou « pantomimes nobles ». En effet en Italie subsistait « la Commedia dell’Arte » où la gestuelle avait un sens et le costume permettait d’identifier le personnage. Introduite en France au XVIIe siècle, elle n’eut pas de succès .

En Autriche Franz HILFERDING eut la même idée de faire évoluer le ballet vers plus d’expression

Les ballets de Noverre eurent aussi du succès à St Pétersbourg, où Français et Italiens collaborent car Catherine de Russie  (1762-1796) encouragea l’opéra et les ballets. Au Danemark, à l’opéra royal de Copenhague, c’est  le couple Gallo qui sut donner le contenu dramatique recherché par Noverre  et Anglioni.

Plusieurs danseurs novateurs en Europe favorisent l’expression dans les ballets

Noverre  revient en France via Strasbourg, Lyon, Marseille avec ses premiers ballets où la pantomime confère enfin un sens à l’intrigue. Il crée des costumes en cohérence avec le rôle et des décors spécifiques.

En 1754/55 il revient à l’Opéra Comique comme chorégraphe et créé « Les fêtes chinoises »
Les succès lui valent le titre de maître de ballet à l’opéra Comique de Paris jusqu’en 1748  (le corps de ballet attaché à la Comédie française). Il y monte ses anciens et nouveaux ballets.

C’est aussi en 1748 , à 21 ans qu’ il épouse la danseuse Marguerite-Louise Sauveur.
A la fermeture de l’Opéra Comique, il part à Strasbourg puis à l’Académie de Lyon pour être Maître de ballet.

En 1752 il rédige « Théorie et pratique de la danse, du ballet, de la musique, du costume » déposé à la Bibliothèque de l’Opéra de Paris.

Entre 1755 et 1757 l’acteur David GARRICK lui offre un contrat pour le théâtre Drury Lane à Londres. Mais à la première représentation des «  Fêtes chinoises » le 8/11/1755, la soirée frise l’émeute (ce qui arriva plus tard). Malgré cet échec, Noverre persiste et monte « Les réjouissances flamandes« .

Noverre se heurte avec certaines étoiles de l’Opéra de Paris qui n’approuvent pas « ses idées nouvelles » comme Françoise PREVOST mais Marie SALLé osera en 1729 danser sans panier ni perruque. Maximilien GARDEL en 1772 enlèvera son masque pour ne pas être confondu avec Gaétan VESTRIS. Ces initiatives firent scandales.

En 1758 l’Académie de Lyon  offre à Noverre la charge de maître de ballet.

Noverre  écrit « Lettre sur la danse et les ballets » qui sont publiées à Lyon en 1760 puis à Stuttgart , à St-Pétersbourg en 1803, à Paris en 1807.

De 1760 à 1768, il est invité à Stuttgart  comme maître de ballet  par le duc de Wurtemberg où il peut appliquer ses innovations d’expression et de mise en scène. Il produit  « Renaud et Armide« en 1760 et ose des scènes tragiques dans « Les caprices de Galaté » « Médée et Jason » en 1773 et fonde ce qui deviendra le Ballet de Stuttgart. Il publie « Lettre sur la danse » dédiée au duc.

Puis il séjourne à la cour des Habsbourg comme professeur et maître de ballet des théâtres de Vienne où il devient le professeur de Marie-Antoinette.

De 1770 à 1774 il collabore avec son ami musicien GLUCK

De 1774 à 1776 il part au Regio ducal teatro à Milan où il crée des ballets avec des compositions plus complexes et des personnages au profil psychologique plus poussé. Il est inspiré par la mythologie et la littérature classique et crée « Agamemnon vengé« , « Iphygénie en tauride« , « Les Oraces et les Curiaces » d’après Pierre Corneille.

Gaétan VESTRIS célèbre danseur, ayant assisté aux représentations, revient à Paris proclamer le génie de Noverre. Recherché par les grands de toutes les capitales, il plaît par son style mordant.

De 1776 à 1781 il est à Paris, chorégraphe et ordonnateur des fêtes de la cour du jeune couple royal Louis XVI et Marie-Antoinette. En effet son ancienne élève lui obtient la charge de maître de ballets de l’Académie royale de musique de Paris  où il remplaça Gaétan VESTRIS dont il critiqua son organisation hiérarchique et le rôle des « étoiles ». En 1776 Noverre créa  le ballet « Les petits riens » ballet pastoral avec des scènes paysannes qui obtint un grand succès du public français sur trois musiques différentes dont une de MOZART.

Il publie à nouveau sa « Lettre sur la danse et les ballets« . Il y préconise sa vision du ballet qu’il construit comme un spectacle complet avec la musique, les costumes et les décors en harmonie avec l’intrigue. Il réforme certains pas et attitudes ; il fait évoluer les sauts. Ses idées feront évoluer la danse pratiquée pendant le XIXe siècle. Il élève la danse au rang d’art à égalité avec la poèsie, la peinture.

Après un second séjour à Londres, de 1785 à 1793, Noverre se retire à Saint-Germain-en-Laye vers 1795 et y meurt le 19/20/1810 à 83 ans dans une relative pauvreté. Il préparait  l’édition d’un Dictionnaire de la danse.

Source : Histoire du ballet par Ferdinando Reyna – Ed. Somogy
et https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Georges_Noverre

ANGIOLINI Gasparo (1737-1803) Danseur italien XVIIIe

Danseur, chorégraphe et maître de ballet à la cour de Vienne et de St-Pétersbourg, précurseur du ballet d’action avec Hilferding et Noverre

Né le 9 février 1731 à Florence et décédé  le 6 février 1803 à Milan à 71 ans

Un fils Pietro Angiolini

En 1747 il commence à danser à Lucques et parcourt l’Italie durant 5 ans. En 1757 il produit son premier ballet à Turin « Diana ed endimiore »

Il se produit à Vienne en Autriche dans les ballets de Franz HILFERDING qui deviendra son modèle..

Il lui succède aux Théâtre impériaux de 1758 à 1766 pendant que Franz est allé à St Pétersbourg. En 1751 il collabore avec Christoph Willibald Gluk pour lequel il règle les chorégraphie dans « Don Juan ou le cythère » , « Le festin de Pierre » (1761) , « Orphée et Eurydice » (1762), « Sémiramis » (1765)

 

Rencontre houleuse avec Noverre à Milan
En 1771, il revient en Italie à Venise puis à Milan où il rencontre NOVERRE et polémique avec lui sur la paternité du « ballet d’action ». Il écrit aussi une lettre sur « La querelle des pantomimes » à Noverre en 1783.

En 1776 il regagne St Pétersbourg où il reste 2 ans. Il compose les ballets de plusieurs opéras de Giovani Paisiello.

De 1779 à 1782 il travaille à la Scala de Milan.

De 1882 à 1886 il retourne à St Pétersbourg où il enseigne à l’école de danse des Théâtres impériaux.

En 1791 il met un terme à sa carrière en Italie.

Accusé d’avoir collaboré avec les troupes françaises lors de leur conquête, emprisonné de 1799 à 1801, il est déporté par les Autrichiens aux Bouches de Caltaro d’où les Français le délivrent.

Il revient à Milan et y meurt le 6 février 1803 âgé de 71 ans.

Son apport à la danse

Il a contribué à l’autonomie du ballet par rapport à l’Opéra. Il privilégie la règle des 3 unités. Contrairement à Noverre il fait usage du programme de ballet détaillé pour expliquer les ballets, se concentrant sur la clarté et la lisibilité du texte dansé.

Tous deux vont faire évoluer le ballet d’un spectacle où l’intrigue est habituellement décousue et dénuée de passion vers la pantomime plus expressive dans laquelle tous les éléments sont intégrés.

De 1766 à 1772 il va remplacer Hilferding à St Pétersbourg où il donne de nouvelles créations « Le départ d’Enée », « Didon abandonnée, « Les chinois en Europe », « Le préjugé vaincu », « Armide et Rinaldo ».

 

CAHUSAC Louis de (1706-1750) Librettiste français XVIII

Dramaturge, poète, chorégraphe, collaborateur à l’Encyclopédie de Diderot

Né le 6 avril 1806 à Montauban
Décédé le 22 juin 1759 à Paris âgé de 53 ans

D’abord écuyer et secrétaire du commandement du comte de Clermont,  il le quitte pour se livrer à la littérature.

Il a écrit plusieurs pièces de théâtre :

– en 1736 « Pharamond »
– en 1745 « Zénéide et l’algérien »
– en 1747 « Le comte de Warwick (tragédie) et « « Fête de l’hymen et de l’amour »
– en1854 « Anacréon »

Il collabore avec J Philippe RAMEAU pour de nombreuses œuvres lyriques :
– en 1745 « les fêtes de Polymanie », « Boréas »
– en 1748 « Naïs » 1749 librettiste – ballet exécuté 1re fois le 29/7/1748 à l’Académie royale de musique
– en1749 tragédie « Zoroastre »

Librettiste d’opéras

De 1751 à 1772 il participe à la rédaction d’articles pour l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert notamment sur le ballet, le chant, la comédie-ballet, la contredanse.

En 1753 il publie « La danse ancienne et moderne  ou Traité historique de la danse ».

Il fut membre de l’Académie royale des sciences de Prusse.

A la fin de sa vie, il sombra dans la folie et a été interné aux Petites-Maisons à Charenton.

Il est mort le 22 juin à Paris à 53 ans.

 

 

DUPRÉ Louis (1697-1774) Danseur français du XVIIIe

Danseur, chorégraphe, maître de ballet à la cour de Pologne, de Saxe et
professeur de danse à l’Académie royale de musique de Paris (futur Opéra)

Dit « Dupré l’aîné » pour le différencier de son frère cadet Denis
sa sœur Marie Dupré également danseuse

 

Né le 24 décembre 1697 à Paris et Décédé   fin décembre 1774

Ses parents : Louis Dupré, musicien  et Marguerite Léger, habitant à Paris.

Il montra dès son jeune âge, des dons exceptionnels pour la danse.

En 1702, à 13 ans sous l’appellation « du petit Dupré » il paru à côté de Françoise PRÉVOST (célèbre danseuse de la fin du règne de Louis XIV) dans des ballets.

En 1714 il est rentré à l’Académie royale de musique de Paris dans la catégorie « danseur noble ». Jusqu’en 1723 il dansa dans de nombreux opéras parfois en tant que partenaire de sa sœur Marie Dupré qui tenait les rôles dits de « demi-caractère ».

Il danse à l’étranger et rejoint une troupe française en Pologne

De 1725 à 1730 il se produit régulièrement à Londres et à la cour de Pologne pour le roi Auguste II puis  pour le prince électeur de Saxe.

Il est engagé dans la troupe française qui danse pour le roi Auguste II,  bénéficiant d’une place vacante comme soliste. En effet ce roi ne souhaitait, pour ces ballets, que des Français car ils caractérisaient la « belle danse » ou « danse noble » dans l’opéra et le théâtre au XVIIe et XVIIIe siècle ;  se démarquant de l’Opéra italien plus expressif dans la pantomime et la Comédie del’Arte. Durant 24 années la troupe française resta à la cour de Pologne et Dupré devint directeur des ballets.

En 1726, à Varsovie, il épousa la danseuse Madeleine Roland nouvellement arrivée dans la troupe du roi de Pologne.

En 1727 une partie de la troupe, dont les époux Dupré-Roland, quittèrent Varsovie pour Dresde. Puis le couple quitta la Saxe pour revenir  à Paris en décembre 1730 après 6 ans d’absence.

De retour à Paris, il danse à l’Académie royale puis devient maître de danse

Par un contrat du 15 décembre 1730, Dupré retrouve la scène de l’Académie royale de Paris et son ancienne partenaire Melle Delisle.
De  1739 à 1743 il succéda à Michel BLONDY au poste de maître de danse à l’Académie royale de Paris. Il forma plusieurs  danseurs qui devinrent célèbres :

Géatan VESTRIS, Jean-Georges NOVERRE, Maximilien GARDEL mais aussi Marie-Anne de CAMARGO et Jean-Baptiste Hus, très bons danseurs.

Casanova fut un de ses fervents admirateurs.

Chorégraphe :

Entre 1748 et 1765 il a composé 9 ballets pour le spectacle de fin d’année des élèves du Collège Louis-le-Grand. Il réglait l’exécution des ballets auxquels des danseurs de l’Académie royale se mêlaient aux élèves pour plus de prestige. En effet, les Jésuites qui recevaient les enfants de l’élite sociale devaient leur enseigner les arts nécessaires à leur rang comme le maintien, la danse et le maniement de l’épée.

Dupré s’inspira de son séjour en Pologne pour rajouter des scènes de danses polonaises dans ses ballets nouveaux ou dans les reprises des anciens, ce qui plaisait beaucoup à Marie Leszczynska femme de Louis XV.

Ainsi dans son ballet «  Les Indes galantes » sur une musique de J-Philippe RAMEAU, l’air grave des Polonais (prologue scène2) dont la première eut lieu le 23 août 1735.

D’ailleurs Dupré fut souvent invité à se produire à Versailles au Théâtre des « Petits appartements » devant leurs Majestés, notamment en 1748 où il présenta « Les Eléments » d’André-Cardinal DESTOUCHES et Michel-Richard DELALANDE.

Le 28 octobre 1752 Dupré s’est retiré de la scène de l’Académie de Paris.
Depuis quelques temps il réduisait ses rôles : il faisait des apparitions courtes attendues du public car il avait gardé son maintien élégant et surtout la grâce de son port de bras qui le caractérisait. Il se faisait remplacer par des danseurs plus jeunes comme Claude Javilliers ou Antoine LAVAL (ce dernier fut nommé en 1759 maître à danser des enfants de France (le futur Louis XVI, ses sœurs et frères).

Louis Dupré mourut fin décembre 1774 quelques mois après la mort de Louis XV.

Considéré comme le « premier dieu de la danse » ; le deuxième fut Gaétan VESTRIS et le troisième son fils Auguste VESTRIS

 

De caractère belliqueux :

  •  avec le Directeur de l’Opéra :

une blessure à la jambe lors d’une répétition l’immobilisa quelque temps. Rétabli il voulu reprendre mais le directeur s’y opposa. Furieux Dupré déposa une plainte auprès du Comte de Maurepas alors Ministre du roi, contre le Sieur Lecomte.

  •  avec sa femme  Madeleine Roland épouse Dupré :

Dans le journal « Le Ménestrel » de 1833 on trouve un article dans lequel le danseur accusant sa femme d’adultère, la répudie.
Madeleine Dupré s’enferma dans un couvent mais son époux la poursuivit en cherchant à lui intenter un procès pour la priver d’une rente décente. Ne pouvant subvenir à ses besoins, Mme Dupré déposa une demande de versement d’une rente par son mari.car il disposait de revenus confortables entre ses cours en ville, ses appointement à l’Opéra, et des rentes immobilières.

De plus il vivant en concubinage depuis 1736 (7 ans) avec Melle Carville danseuse, ce qui faisait scandale dans le quartier (obligeant le couple  à déménager)  et à l’Opéra où elle était appelée « Carville la dinde ».
Dénonçant tous ces faits, Mme Dupré, obtient gain de cause, et put sortir du couvent et alla s’installer chez sa mère.