DELALANDE Michel-Richard (1657-1726) Musicien français fin XVII/Début XVIIIe

Musicien organiste, claveciniste

Compositeur de musique religieuse (motet) ; il introduisit les voix féminines dans l’église
Maître de la chapelle royale de Versailles, Maître de musique de chambre de Louis XIV
composa des divertissements, des pastorales, des ballets


Né le 15 décembre 1657, à Paris et Décédé le 18 juin 1726 à Versailles, à 68 ans

Ses parents : Michel de Lalande et Claude Dumonstier. Ils sont marchands tailleurs à Paris.
Il est le dernier d’une famille de 15 enfants.

Entre 1667 et 1672  en compagnie de Marin MARAIS, il entre à St Germain l’Auxerrois pour chanter dans le cœur comme chantre et choriste. On le forme aussi à la pratique instrumentale : le clavecin et l’orgue. On lui enseigne aussi le français, le latin et l’arithmétique.

Le maître de chapelle François Chaperon détecte en lui des dons en musique et une voix remarquable aussi il lui confie les parties solistes.

Orphelin à 15 ans, il est recueilli par l’une de ses sœurs à Paris. Il poursuit sa formation en autodidacte et son beau-frère organise des concerts où on joue ses compositions.

En février 1619 il commence une carrière d’organiste à l’église St-Gervais jusqu’en 1685 et à l’église des Grands Jésuites de St-Louis et au couvent du Petit St-Antoine.

En juin 1678 à 21 ans, il est jugé trop jeune par Louis XIV pour le poste d’organiste. Mais il devient le professeur de clavecin chez le duc Anne-Jules de Noailles. Il y gagne une excellente réputation qui lui permet d’enseigner aux deux filles de Louis XIV et de Mme de Montespan. Le roi lui offre un logement au château de Clagny.

En avril 1680 le « Mercure galant » cite qu’une de ses musiques est jouée à la Ste Chapelle « Musique pour les jours de ténèbres ».

En mai 1682 il remplace l’organiste de l’église St Jean-en-Grève Pierre Méliton accidenté à la main et ce jusqu’en 1691 ; Il débute aussi sa collaboration avec un compositeur italien arrivé en France Paolo Lorenzani et ils  composent ensemble une « Sérénade en forme d’opéra » qui connaît le succès.

Sa carrière au service du roi Louis XIV à la chapelle royale de Versailles

En 1683 la Cour assiste à l’office religieux dans la Chapelle royale dont la construction est terminée (avant la messe était dite au Salon d’Hercule).

Sur les conseils de LULLY, le roi veut prendre plusieurs maîtres de chapelle, en raison de la grande variété de la musque qui est jouée. Il a organisé un concours auquel participe Delalande et Louis XIV choisit 8 musiciens parmi 35 candidats.

La charge de la musique est répartie sur l’année, en plusieurs périodes appelées «les quartiers ».(trimestres) Delalande partage cette charge avec trois autres compositeurs.

Le 14 janvier 1686 un arrêt du Parlement de Paris interdit les psaumes en français (l’édit de Fontainebleau)  sur ordre de Louis XIV, ce qui demande aux compositeurs d‘avoir des connaissances en musique mais aussi en latin Le maître de chapelle devait assurer les messes mais aussi les fêtes religieuses tombant dans son quartier.

Mais très vite ses collaborateurs s’avèrent moins compétents et il restera le seul à partir du 1er juillet 1715

Delalande conserve ses 4 quartiers jusqu’en janvier 1723 mais après le décès de son épouse, il propose au roi d’en céder trois car il veut réduire ses activités. Louis XV nomme trois autres compositeurs mais qui seront moins bons. Ce n’est qu’en 1740 que Jean-Joseph Cassonéa de Mondonville sera d’un niveau équivalent à Delalande.

Ses œuvres religieuses

Il écrivit 77 grands motets pour les messes  quotidiennes, et les cérémonies familiales :

  • le 25/6/1685 – pour le mariage de Mgr le Duc de Bourbon et Melle de Nantes à Versailles
  • le 01/5/1690 – « Dies irai» pour les obsèques de la Dauphine Marie-Anne Victoire de Bavière.
  • le 07/12/1697 – pour le mariage de Louis duc de Bourgogne et Marie –Adélaïde de Savoie à Versailles
  • le 12/10/1698 – « L’amour fléchi par la constance» pour le mariage de Melle Elisabeth-Charlotte d’Orléans avec Léopo 1er de Lorraine à Fontainebleau
  • le 25/10/1722 – il dirige la musique des cérémonies du sacre de Louis XV

Le 9 janvier 1689, à 31 ans, il est nommé « Surintendant de la musique de la Chambre du roi. »

Pour jouer pendant les repas il dispose de la formation des  « 24 violons du roi.

 Ses œuvres profanes

Opéra   5/04/ 1683       « Les fontaines de Versailles au château de Versailles
1683                                  « L’amour berger » joué pendant le carnaval
Ballet 28/1/1686          « Ballet de la jeunesse » au Petit théâtre de Versailles
1713                                  « Le « Ballet de la paix »
22/10/1721                    « Les élémens » dansé par le roi aux Tuileries
Pastoral héroïque          « Mirtil et Mélicerte » intermède de musique et de danse
Concert mai 1683          « Concert d’Esculade » pour le roi chez Mme de Montespan
17/3/1725                      Collaboration de Delalande et son jeune élève André Cardinal dit  DESTOUCHES « Symphonie pour les soupers du roy » donné au  premier Concert spirituel[1]

Vie privée

Le 9 juin 1684 il épouse à Versailles Renée Anne Rebel (sœur aînée de Jean-Féry REBEL (violoniste et compositeur français et également sœur aînée de Mme de Thianges, sœur de Mme de Montespan). Les témoins de mariages sont le roi et plusieurs membres de la famille royale.

Le couple aura deux filles : Marie-Anne née en 1686 et Jeanne née en 1687.

Mme Delalande a une belle voix qui lui a permis de chanter dans le chœur de  l’église depuis l’âge de 10 ans. Les deux filles chanteront aussi à la Chapelle royale et seront remarquées par le roi ; il leur octroiera à chacune une pension de 1000£ en avril 1706.

Effectivement la musique sacrée écrite par Delalande est destinée aux voix féminines en dépit de la tradition masculine. (En effet dans l’épître de St Paul il est écrit « que les femmes devaient se taire à l’église ». C’est pourquoi les castrats chantaient les voix aigues. En 1697 on dénombrait 9 castrats, principalement italiens, à la Chapelle royale).

Mais en 1711 ses deux filles décèdent de la variole et il perd sa femme en mai 1722.

En 1723 Delalande se remarie avec Marie-Louise de Cury (1692-1775) qui joue de la viole de gambe. Ils auront une fille Marie-Gabrielle (1724-1781)

Delalande décède le 18 juin 1726 à Versailles d’une fluxion de poitrine.

Plus tard Louis XV octroie à sa veuve par lettre patente, le privilège d’imprimer et de vendre les œuvres de son mari pendant 20 ans (juillet 1746). La publication des œuvres sera achevée en 1728. Sa veuve entretiendra la mémoire de son époux en faisant éditer 40 de ses motets accompagnés d’une notice biographique

[1] Concert spirituel : nom d’une organisation de concert inaugurée à Paris le 17/3/1725. L’institution perdurera 66 ans jusqu’en 1791 et marquera le monde musical par ses innovations et la qualité de ses productions.