LULLY Jean-Baptiste (1631-1687) Musicien baroque du XVIIe

Giovanni Battisla LULLI d’origine italienne naturalisé français en 1661 et orthographie son nom LullY

Violoniste, danseur, compositeur, chorégraphe, metteur en scène, chef d’orchestre.

Né le 28/11/1632 à Florence,
Décédé le 22/03/1687 à Paris

Fils d’un meunier florentin, il arrive en France à 14 ans en 1646 et entre comme garçon de chambre au service de la duchesse de Montpensier (la Grande Mademoiselle) qui désirait apprendre l’italien.

Il apprend le violon et la danse chez Melle de Montpensier

La duchesse entretient chez elle un petit orchestre privé de 6 violonistes qui donne de nombreux concerts auxquels Lulli participera bientôt. Il apprend en effet le violon et le clavecin des grands maîtres qui fréquentent le salon de la duchesse, ainsi que la composition musicale. Il est par ailleurs excellent danseur. Il crée pour la duchesse la « Cie des violons de Mademoiselle » qui est très apprécié dans les salons. Mais à la suite de sa participation à la Fronde, Melle de Montpensier est disgraciée et Lulli prend ses distances.


Lully musicien mais aussi danseur avec le roi

Il compose la musique et participe à des « ballets de Cour » : « Mascarade de la Foire de Saint Germain » (1652) et le fameux « Ballet de la nuit » (sur un livret d’Isaac de Bensérade) où le roi âgé de 15 ans y a dansé 5 rôles -dont le soleil- et a aussi contribué à son organisation (1653). C’est à l’occasion de la préparation de ce ballet que Lully (âgé de 21 ans)  fut présenté à Louis XIV par le comte de St-Aignan, responsable de l’organisation et ami de M. de Nyert chez qui Lully travaillait après avoir quitté Melle de Montpensier.
Il participa à d’autres ballets de cour : « Ballet du temps » (1654), « Ballet des saisons » (1661), « Ballet des arts » (1663), « Ballet des muses » (1666), « Le carnaval mascarade royal » (1668), « Ballet de Flore » (1669).

En 1653 Lulli obtient rapidement la Direction d’un nouvel ensemble « La bande des petits violons ». En 1659 Lulli triomphe dans le ballet « d’Alcidiane » et devient le premier compositeur de la Cour.

En 1661 il est nommé surintendant de la musique du roi et naturalisé français, il change l’orthographe de son nom.

En 1662 Louis XIV l’engage dans la « grande bande des violons du roi » composée de 24 violons et il est maître de musique de la famille royale.

Colloboration avec Molière dans les « comédies-ballet »

Tout en continuant ses ballets de cour, Lully travaille avec Molière créant le genre de la « comédie-ballet » (combinaison de comédie/ballet/chant) , citons : « Les fâcheux » (1661) partie ballet de Beauchamp, « Le mariage forcé« (1664), « L’amour médecin » (1665), « George Dandin » (1667) »Monsieur de Pourceaugnac » (1668), « Le bourgeois gentilhomme » (1669) et sa turquerie rajoutée en 1670.

Cette collaboration cessa lorsque Lully racheta le 16/3/1672 des lettres de patentes qui donnaient obligation à chacun « de lui demander l’autorisation pour faire chanter des pièces en France sous peine d’amende et confiscation du théâtre et de ses accessoires ». En effet ce privilège royal avait été octroyé  en 1669 à Pierre Perrin lui accordant l’exclusivité, pendant 12 ans, de créer des opéras dans le cadre de « l’Académie d’Opéra ». A la suite de déboires financiers, Perrin vend son privilège à Lully et l’académie prend le nom d »Académie royale de musique » jusqu’à la Révolution.

Grâce à son monopole, Lully éclipsa les autres compositeurs tels : Marc-Antoine Charpentier, André CAMPRA, Louis-Nicolas Clérambault

LULLY compose la musique de tragédies lyriques avec Philippe QUINAULT son librettiste attitré

La première tragédie-ballet « Psyché » fut créée en 1671 avec la collaboration de : Molière/Quinault/Pierre Corneille pour le texte, Pierre BEAUCHAMPS pour la partie ballet, Carlo Vigarani pour les machinerie décor, et de Henry de Gissey pour les dessins des costumes. Cette oeuvre fut transformée en « tragédie en musique » (appelée plus tard « opéra ») en 1678 à la demande de Lully. Le texte fut transformé en prose par Thomas CORNEILLE et Bernard Le Bouyer de Fontenelle.

Autres créations : « Cadmus et Hermione » (1673). « Alcestre ou le triomphe d’Alcide » (1674), « Thésée » (1675), « Isis » (1677) dont le personnage de Junon fut à l’origine de la mise à l’écart, par le roi, de Quinault  pendant deux ans), « Bellerophon  » (1679) livret de Thomas Corneille/Fontenelle/Boileau, « Amadis » 1684)  et « Le temple de la paix » (1685), « Armide » et « Acis et Galatée » (1686), « Achille et Polyxène » (1687) livret de Campiston.
En 1681 Lully devint secrétaire du roi ; il est à l’ apogée de sa carrière, comblé d’honneur et de richesse.

Défaveur royale

Sous l’influence de Mme de Maintenon, Louis XIV toléra de moins en moins la bisexualité de Lully et en 1685 une relation avec un jeune page de chapelle provoqua une prise de distance du roi avec Lully qui n’assista pas aux représentations de « Armide  » en 1686

Le 6/9/1686 son opéra « Acis et Galatée » fut donné au château d’Anet devant le dauphin, fils de Louis XIV .

Lully composa également de la musique religieuse  : 20 grands motets dont le fameux « Te Deum » de 1677 (en remerciement de la guérison du roi) et 11 petits motets de style italianisant.

Parmi ses élèves furent connus : Marin MARAIS et Jean-Féry REBEL.

Son orchestre : lorsqu’il créa son orchestre, il fut le premier d’Europe pour sa discipline et le rythme. Lully fait travailler lui-même les chanteurs, les danseurs et règle la mise en scène. C’est de lui que date l’orchestre moderne avec son équilibre de sonorité. Il introduit les instruments à vent (hautbois, flûte) et le clavecin, théorbe, basson.

Vie privée

Le 24/7/1662 il  épouse à Paris Madeleine Lambert dont le père dirigeait la musique chez la duchesse de Montpensier.
Ils eurent 6 enfants dont 3 fils Louis/J Louis/J Baptiste II qui furent musiciens et 3 filles dont l’ainée Catherine épousera en 1684 Jean-Nicolas de Francine qui succédera à Lully à la tête de l’Académie royale de musique.

Un geste de colère à l’origine de sa mort

Lors d’une répétition de son « Te Deum » pour la guérison du roi, Lully s’emporta contre ses musiciens et dans un geste de colère fatal : il frappa violemment son orteil avec son lourd « bâton de direction » qui lui servait à battre la mesure en le frappant sur le sol.

Sa blessure s’infecta, provoqua la gangrène de sa jambe mais refusant l’amputation,  l’infection se propagea au reste du corps. Lully meurt à Paris à son domicile, à l’âge de 55 ans.

Il est enterré à l’église Notre-Dame des Victoires et par la suite un grand nombre des membres de sa famille furent inhumés dans le tombeau (le tombeau a été vidé pendant la commune de Paris en 1871).