Les danses

VALSE

Origine : le mot « valse » viendrait de l’allemand « walzen » tourner. En Allemagne était dansé le « landler » dont le premier pas est sauté car dansé en plein air sur la terre battue dans les fêtes de villages. A l’époque du Moyen-Age on dansait aussi « la volte » danse de couple où la femme s’appuie sur son cavalier pour tourner et sauter. C’est au milieu du 18e siècle que les règles furent fixées dans sa forme moderne et commença à avoir du succès. Mais elle ne resta pas figée et pris plusieurs variantes : valse française, valse viennoise, valse anglaise.

Diffusion :
Lorsqu’elle fit son apparition, la valse fut très controversée. Dans certains milieux, la proximité des partenaires enlacés et face à face, fut cause de réprobation d’une partie de la société « bien pensante ». Le fait de tournoyer au rythme de la musique était grisant pour l’homme et la femme, pour un moment unis, sans toutefois contrevenir aux règles morale alors en vigueur.
La Révolution française fit évoluer la société et la valse fut pratiquée par toutes les couches de la société dans les nombreuses salles de bal parisiennes.
Les troupes napoléoniennes la firent connaître à travers l’Europe et la valse fit son entrée dans les différentes cours. Son succès fut immédiat à la cour de Russie sous le tsar Paul mais l’accueil fut très réservé à la cour d’Angleterre car au début du 19e siècle on pratiquait les contredanses anglaises.
C’est donc une forme de valse avec les bras levés « valse allemande » qui fut pratiquée où les partenaires n’étaient pas enlacés. Malgré tout en 1816 la valse fit une première percée au bal du prince-régent ce qui créa un scandale. Il fallut l’intervention de la reine Victoria pour une consécration officielle en 1826. De plus à l’occasion de son couronnement le 28 juin 1838 elle demanda à Johann Strauss et à son orchestre de venir à Londres animer les festivités et les nombreux bals donnés à cette occasion.

Après l’effondrement du Premier Empire, le congrès de Vienne en 1814 restitua leur souveraineté aux monarques européens. Dès lors la valse a trouvé sa patrie à Vienne comme danse de cour et de sautée elle se fit glissée grâce à l’apparition du parquet dans les salons. De plus on pouvait tourner plus facilement et le rythme de la musique se fit plus accéléré.

Caractéristique : la valse est une danse ternaire tournante où les partenaires sont alternativement les meneurs dans les tours. Certains déplacements peuvent être plus importants dans la valse viennoise ou avec un plié qui permet une ondulation des corps dans la valse anglaise (dites aussi valse lente).
Le déplacement se fait sur le cercle de la ligne de danse autour du salon. Le tour du couple peut être à l’endroit ou à l’envers. Dans tous les cas c’est au cavalier de suivre le rythme de la musique qui est parfois irrégulier selon la fantaisie du compositeur.

Compositeurs :
Deux musiciens donnèrent leur lettres de noblesse à la valse : les Strauss père et fils.
- Johann Strauss père (1804-1849) commença a composer à 15 ans, d’abord avec son ami Joseph Lanner puis seul. Dans les années 1825/1830 il se produisit dans toutes les grandes villes d’Europe et fut appelé « le père de la valse ». Il composa entre autre la célèbre « Marche de Radetzky » en l’honneur de l’empereur d’Autriche François-Joseph et de sa victoire sur les mouvements révolutionnaires qui avaient agité la Hongrie et la Lombardie-Vénitienne.

- Johann Strauss fils (1825-1899) dont la réputation devait surpasser celle de son père, fut nommé compositeur officiel des bals de la cour des Habsbourg. On lui doit son célèbre « Beau Danube bleu ».

La valse invertit les bals mais aussi les salles de concert et s’intègre dans le répertoire classique, par exemple :
- dans le « Symphonie fantastique » (1830) d’Hectoir Berlioz,
- dans l’opéra « Parsifal » (1882) de Richard Wagner,
- dans de nombreuses compositions de Franz Schubert,
- dans le ballet « Casse-noisette (1892) de Piotr Ilitch Tchaïkovski,
- dans l’opérette « La Chauve-souris » (1874) de J. Strauss,
dans « La veuve joyeuse » (1905) et le « Comte de Luxembourg (1909) de Franz Lehar.

Aujourd’hui la valse est encore populaire même si elle n’est plus très pratiquée que lors de fêtes. Chaque année elle est à l’honneur lors du grand bal donné à Vienne en Autriche à l’occasion du nouvel an et aussi lors du concert donné par l’orchestre philarmonique de Vienne, né il y a plus de 150 ans. Le matin du 1er janvier l’orchestre interprête des polkas, mazurkas, valses des plus grands compositeurs du 19e siècle.

Source : Guide des danses de salon – Ed. Solar

POLKA

Origine : La polka est originaire de la Bohème orientale située aujourd’hui en République tchèque. En effet c’est en voyant une danse lors d’une fête de village en Bohème que le maître de musique local Jesep Neruda se serait inspiré pour créer un pas dynamique qu’il aurait baptisé « polka » . Son nom viendrait de « pulka » qui signifie « moitié » en tchèque, dérivé du demi-pas en avant si typique (semblable à un sautillement) qui lui confère une gaîté de mouvement si caractéristique.

Diffusion : Cette nouvelle danse gagne la capitale Prague puis se répandit en Europe : à Vienne en 1839 et à Paris où le danseur bohème Raab la dansa au théâtre de l’Odéon en 1840, à la Scala de Milan en 1841, à Londres en 1844.
La polka eut un franc succès à Paris et concurrença la valse par son caractère joyeux et spontané accompagné par une musique très gaie.

Caractéristique : de rythme binaire (2/4), la tradition veut que les mouvements précédant les pas 1 et 4 soient ponctués par un « et » qui souligne le sautillement typique de cette danse. En effet, la polka comporte une phase aérienne où tout le corps peut tourner et une phase au sol pour l’exécution du pas.

Compositeurs :
Franz Hilmar originaire de Bohème fut le premier compositeur de polka,
Bedrich Smetana donna à la polka une touche classique dans son final de l’opéra « La fiancée vendue » en 1856,
Johann Strauss fils a aussi composé 163 polkas après ses célèbres valses.

Par la suite cette danse fut éclipsée par de nouveaux ryhmes venus d’Amérique au début du 20e siècle.

Source : guide des danses de salon – Ed. Solar

MAZURKA

Origine : du nord de la Pologne où elle fut dansée dès le 16e siècle. Selon les versions, le nom viendrait soit du village de « Mazurck » près de Varsovie, soit de la région polonaise « la Mezovia » où elle est née, soit encore du terme « mazur » qui désignait les paysans des campagnes polonaises.

Diffusion : cette danse a conquis toute l’Europe à partir du 18e siècle. Partie de Pologne, elle passa en Russie, en Hongrie puis arriva en Allemagne. Au 19e siècle elle se répandit en France et en Angleterre et fut très populaire dans les bals avec la valse et la polka.

Caractéristique : Outre son pas de base, la mazurka laisse une capacité d’interprétation aux danseurs. Au 19e siècle les amateurs connaissaient une soixantaine de figures plus ou moins complexes.
La mazurka a en commun avec la valse le rythme à 3 temps (temps 3/4) et l’accent porté sur le premier temps.

Compositeurs : la mazurka inspira de nombreux compositeurs de l’époque :
Frédéric Chopin, musicien polonais qui produisit 59 mazurkas
Joseph Strauss père et fils, composèrent plus de 70 mazurkas
On retrouve une mazurka de Chopin dans la suite du ballet « les Sylphides » du danseurs russe Michel Fokine,
le compositeur français Léo Delibes mis une mazurka dans son ballet Copélia (1870).

Au début du 20e siècle la mazurka tomba en désuétude dans les bals mais subsistait dans les danses populaires.
Source : Guide des danses de salon – Ed. Solar

Jean-Etienne Despréaux, maître à danser sous le Premier Empire

Né en 1748, ancien danseur et  maître à danser sous Louis XV et Louis XVI, J-E Despréaux reprend sa carrière d’enseignant sous le Directoire.  Il donne des cours aux jeunes gens qui entourent Bonaparte et organise des bals avec son épouse Marie-Madeleine Guimard, ancienne danseuse.

Joséphine de Beauharnais  demande à Despréaux d’être le professeur de danse de ses enfants. Il enseigne aussi la danse et le maintien à Désirée Clary, (ancienne fiancée de Bonaparte, future épouse de J B bernadotte et reine de Suède) et à Caroline Bonaparte (soeur de Napoléon et future reine de Naple). Plus tard c’est  auprès de Marie-Louise d’Autriche,  seconde épouse de Napoléon, qu’il jouera le même rôle  à Compiègne ;  il enseignera la valse à Napoléon.

Despréaux sera également chargé  de l’organisaton de fêtes publiques données sous le Consulat et sous l’ empire jusqu’en 1812. En effet,  Despréaux aura un rôle important sous l’Empire puisqu’il cumulera les fonctions  : d’Inspecteur de l’Académie Royale de Musique et du Théâtre des Tuilerie, Inspecteur général de la Cour, Professeur de danse et de grâce au Conservatoire de Musique et répétiteur de cérémonie de la Cour.

Il s’éteint à Paris en 1820 un an avant la mort de Napoléon à Sainte Hélène.

Le quadrille francais

Ce quadrille à 4 couples est un assemblage de plusieurs figures de contredanses, en vogue à la fin du XVIIIe siècle. On le dansa longtemps puis il fut supplanté par le « quadrille des lanciers« .

Le quadrille français est composé des 5 figures suivantes :

  1. le Pantalon,
  2. l’Eté,
  3. la Poule,
  4. la Pastourelle,
  5. le Galop.

Les figures du quadrille francais en vidéo

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Le quadrille des Lanciers

Le quadrille des Lanciers est composé de :

  1. les Tiroirs,
  2. les Lignes,
  3. les Moulinets,
  4. les Visites,
  5. les Lanciers.

Figures du quadrille des lanciers en vidéo

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Danses du Premier Empire

Nous étudions différentes danses du Premier Empire chorégraphiées et qui contiennent des pas spécifiques : pas de bourrée, pas de rigaudon, contre temps de Gavotte par exemple.

Voici certaines danses que nous avons déjà étudiées :

  • la Galopade,
  • la Boulangère,
  • le Carillon de Dunkerque,
  • la Turck,
  • la Monaco,
  • la valse du duc de Kent,
  • la Psyché,
  • la gigue anglaise,
  • la Belle Eurydice
  • le quadrille français avec les pas spécifiques premier empire.
  • Fête à Châteauvieux
  • la Fraternité

Quelques vidéos

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De la contredanse aux quadrilles

La contredanse désigne une danse d’origine anglaise (country danse) dans laquelle les danseurs se positionnent sur deux lignes en vis-à-vis. La contredanse anglaise est apparue au milieu du XVIe siècle et s’est perpétuée jusqu’à maintenant, notamment sous la forme des reels écossais.

La contredanse a été introduite en France à la cour de Louis XIV par un maître à danser anglais et la contredanse française a donné naissance à une forme simplifiée et standardisée : le quadrille. Son nom indique qu’il se danse en carré où chaque couple est disposé sur un côté du carré. Lorsqu’il n’y a que deux couples face à face cette configuration porte le nom de quadrette.

Par convention l’ordre des couples est déterminé de 1 (celui près de la musique) à 4 , et chacun répètera la figure à tour de rôle. On peut danser avec sa partenaire ou avec son vis-à-vis (la personne qui est en face).

Certains déplacements reviennent dans chaque figure de quadrilles que les danseurs doivent connaître : la chaîne anglaise, la queue du chat, l’avant 2, le moulinet par exemple. On les retrouve dans les figures des quadrilles, toujours au nombre de 5.

Les quadrilles les plus célèbres sont :

Le quadrille français composé du Pantalon, l’Eté, la Poule, la Pastourelle, le Galop.

Le quadrille des Lanciers composé des Tiroirs, les Lignes, les Moulinets, les Visites, les Lanciers.

Le quadrille américain composé des Promenades, la Corbeille, les Chevaux de bois, les Visites, l’Américain.

Le quadrille des variétés parisiennes composé de

  1. l’Invitation (valse)
  2. l’Etoile (polka)
  3. le Prisonnier (valse)
  4. l’Alternante (polka-mazurka)
  5. la Rosace (valse).

Les quadrilles furent exportés par nos compatriotes au Canada et en Louisiane. Ils sont à l’origine de la « country américaine » actuellement très en vogue.

Vers la fin du XIXe siècle, les quadrilles disparaissent au profit des danses en couple fermé : polka, mazurka, scottish, valse. De nouveaux pas apparaissent en France, importés des danses traditionnelles d’Europe centrale.