GUIMARD Marie-Madeleine (1743-1816) – Danseuse française fin XVIII

Danseuse « demi-caractère » fin XVIIIe/début XVIIIe

Née  à Paris – baptisée le 27 décembre 1743 et Décédée le 4 mai 1816 à Paris

Son père : fille naturelle de Fabien Guimard, il ne la reconnut que 12 ans plus tard et la légitimé en 1765 à 22 ans.

De silhouette assez mince, elle danse avec de l’expression et du sentiment dans ses mouvements.

Elle suivait les conseils de NOVERRE tout en se disputant souvent avec lui.

En 1758 elle a 15 ans quand elle débute dans le corps de ballet de la Comédie-française dont les ballets eurent de grands succès.

Elle entre à l’Opéra de Paris pour 25 ans
En 1761 elle entre à l’Académie royale de musique à Paris

Elle débute à l’Opéra dans le rôle de « Terpsichore » dans « Les fêtes grecques et romaines ». Elle danse de manière expressive et se fait remarquer par son talent et sa coquetterie.

4 ans plus tard, elle sera nommée première danseuse de « demi-caractère ».

Comme l’écrit J Georges NOVERRE « elle délaisse les difficultés en mettant de l’esprit et du sentiment dans ses mouvements ». Elle triomphe dans les ballets de Noverre « Jason et Médée (1770), « Les caprices de Galatée » (1776) et de Maximilien GARDEL « La chercheuse de l’esprit » (1778) « Mitza  et Lindor » (1779).

Elle danse à la cour à Versailles et à Fontainebleau et le roi Louis XV lui accorde une pension de 1000£.

Ses partenaires étaient : Gaétan VESTRIS et Auguste  VESTRIS, Antoine LAVAL, Maximilien GARDEL, Jean DAUBERVAL.

Elle suivit Noverre à Londres et parut au King’s Theatre où elle s’acquit un nouveau public d’admirateurs.

Pendant 25 ans elle fut une danseuse adulée, ayant une forte personnalité entre autre en s’opposant au nouveau directeur de l’Opéra de Paris De VISME et également s’opposa à Noverre qui fut contraint de démissionner en 1781.

Elle fut aussi une femme généreuse pour les pauvres et les malades de sa paroisse Saint-Roch ; elle prenait aussi en charge l’inhumation des plus démunis.

Retraitée de la danse elle mène une vie d’épouse rangée

En 1789 elle quitta l’Opéra et le 14 août elle épousa le danseur chorégraphe Jean-Etienne DESPREAUX avec qui elle partage son amour pour la danse et pour le plaisir de la vie. La Révolution ayant supprimée les pensions de l’Ancien-régime, le couple fut contraint de vivre à l’économie dans une petite maison de Montmartre puis pu revenir à Paris en 1797 pour finir leurs jours oubliés de tous.

Marie Guimard mourut le 4 mai 1816 et Despréaux en 1820. On ne sait pas où ils sont enterrés.

Parallèlement à sa carrière de danseuse elle mène une vie scandaleuse grâce à ses riches « protecteurs »

Pendant 25 ans elle domina la scène parisienne. Elle était devenue une véritable personnalité étant donné les soutiens et relations libertines qu’elle avait  avec des Messieurs influents et riches. Elle bénéficie de la générosité de Jean-Benjamin de La Borde, receveur général des finances, mécène et compositeur de musique ainsi que de Charles de Rohan prince de Soubise.

Elle s’installa dans un hôtel particulier au Fg St Germain à Paris. Puis elle achète une maison à Pantin qu’elle rénove et lui ajoute un théâtre de 200 places où le tout-Paris aristocratique s’honore d’y être admis. On y  joue des pièces mais aussi des spectacles libertins. Elle organisait 3 sortes de soupers par semaine :

  • l’un pour les seigneurs de la cour,
  • l’autre pour les artistes, auteurs, savants,
  • le troisième voué aux plaisirs avec la présence de filles séduisantes

En 1769 La Borde étant ruiné et Soubise ne voulant plus lui verser une rente, elle est dans une situation difficile. Mais un  prince allemand lui offre une grosse somme  comme rente , veut l’épouser et devant son refus l’enlève. Soubise récupère la belle et redevient son « amant utile » et La Borde sont « amant de cœur ».

Sa situation financière étant assurée elle se fit construire une belle demeure dans le nouveau quartier de la Chaussée –d’Antin. Elle s’adresse à Nicolas Ledoux pour les plans des bâtiments et à Fragonard pour les décors intérieurs. Quelques panneaux étaient terminés dont celui représentant la Guimard en Terpsichore ; mais une dispute éclata entre elle et le peintre et elle le remplaça par Jacques-Louis David. Mais Fragonard s’introduisit dans sa maison et pour se venger mis quelques coups de pinceau qui transformèrent son sourire en une grimace rageuse. Quand la Belle découvrit son nouveau visage avec ses amis, elle se mis dans un telle rage qu’elle ressemblait au portrait retouché.

Tout respire le luxe, ses ameublements, ses équipages, dans le « Temple de Terpsichore » comme on appelait sa maison ; elle a même rajouté un théâtre de 500 places.
Elle fait la mode car elle porte des toilettes élégantes que les femmes copient et s’inspirent des tenues de scène « à la Guimard ».

Mais avec son train de vie trop dispendieux, en 1785 elle est obligée de se séparer de son hôtel. Elle le vend de façon originale en organisant une loterie avec 2500 billets de 120£ chacun. Passant par deux propriétaires successivement il est finalement détruit lors des grands travaux  du Second empire entrepris par Haussman.

Sources :

Wikipédia
Leschaussonsverts.eklablog.com

ALLARD Marie (1738-1802) – Danseuse française XVIII

Danseuse de catégorie « demi-caractère »
Grande rivale de Mie-Madeleine Guimard mère d’Auguste VESTRIS

Née le 14 août 1738 à Marseille
Décédée le 14 janvier 1802 à Paris, âgée de 63 ans

Toute jeune elle étudie la comédie et la danse d’abord à Marseille puis à Lyon.

Danseuse de « demi-caractère »

Son physique : petite et  grassouillette, la fit classer dans le genre « demi-caractère » selon les catégories déterminées par Jean-Gorges NOVERRE.

Elle était d’une grande vivacité et Noverre écrit qu’elle est « une danseuse parfaite, excellente pantomime, composant elle-même ses entrées avec goût sans le secours des maîtres ».

En 1756 elle est engagée dans la troupe de danse de la Comédie-Française et se produit dans un divertissement où elle obtient un grand succès.

Danseuse à l’Opéra de Paris pendant 20 ans

En 1761 elle fait ses débuts à l’Opéra de Paris dans « Zaïs » musique de J-Philippe RAMEAU.

Son partenaire principal est Jean DAUBERVAL avec qui elle fut merveilleuse dans « Sylvie » (1766)

Elle s’illustre dans les ballets  Médée et Jason » (1770), « Les petits riens » (1778) de NOVERRE  ainsi que dans « Les chercheuses d’esprit »  (1778) de Maximilien GARDEL

En 1781 elle quitte l’Opéra de Paris évincée par sa rivale Marie-Madeleine GUIMARD  mais aussi  parce qu’elle avait trop grossi pour une ballerine

Vie privée
Sa vie orageuse défraya la chronique.

Elle fut un moment la maîtresse de Gaétan VESTRIS dont elle eu un fils Auguste VESTRIS , tous deux surnommés « dieux de la danse ».

SALLÉ Marie (1709-1756) – Danseuse française début XVIIIe

Née  le 17 avril 1709 à La Rochelle

Décédée le 27 juillet 1756 à Paris âgée de 47 ans

Ses parents : Etienne Sallé, danseur et Marie-Alberte Moylin

En 1718 elle débute dans la troupe familiale d’acteurs ambulants.

Toute en nuance et réfléchie, elle a une danse gracieuse et expressive parfaite pour la pantomime. Sa technique est exempte de virtuosité, ni saut, ni pirouette, ni entrechat (contrairement à Anne de CAMARGO qui elle, en fait beaucoup).

En 1721 elle remplace à l’improviste Françoise PREVOST dont elle était l’élève dans un ballet à l’Opéra de Paris. Mais la troupe de l’Opéra étant complète, elle retourne dans la troupe familiale.

En 1725 elle part pour Londres où elle danse avec son frère François pendant 2 ans au Lincoln’s Inn Field.

Elle est engagée à l’Opéra de Paris

Le 14 décembre 1727 elle fait ses débuts officiels à l’Opéra de Paris. Mais Françoise Prévost la cantonne dans des petits rôles.

Sa carrière est ponctuée de nombreuses ruptures avec ses directeurs et plusieurs voyages à Londres.

Elle ose appliquer les idées de Noverre en scène

En 1729 dans « Les caractères de la danse », elle danse avec Antoine LAVAL sans masque, en costume de ville , ce qui est précurseur des idées de NOVERRE . Ce changement dans la pratique de la danse ne plait pas à Paris.

Elle part à Londres et dans « Pygmalion » elle abandonne ses paniers, dénoue ses cheveux, son corps moulé dans des voiles.

Une des première chorégraphes

En 1735 rentrée à l’Opéra de Paris, elle fut une des premières chorégraphes créant des ballets-pantomime pour l’Opéra « Pygmalion et Bacchus » (1734), les entrées des « Indes galantes » (1735 ), « l’Europe galante » (1736), « Les fêtes d’Hébé » (1739)

Amie de David GARRICK et de HAENDEL, elle a convaincu les deux  musiciens de lui écrire des musiques pour ses distractions de ballet d’action. Elle combine la pantomime à la danse expressive.

En 1740 elle prend sa retraite mais reparaît ponctuellement sur scène.

En 1745 elle figure aux fêtes de la cour à Versailles à l’occasion du mariage du Dauphin Louis avec Marie-Thérèse et à d’autres représentations en 1746 et 1747. Elle participe aux spectacles de Fontainebleau de 1752 et 1753.

Marie Sallé fut surnommée « la vestale » car n’avait ni mari, ni amant, menant une vie indépendante.

Elle meurt le 27 juillet 1756 dans son appartement de la rue St Honoré à Paris à 47 ans.

la « CAMARGO » (1710-1771) – Danseuse française du XVIIIe

De son vrai nom Marie Anne Cupis de Camargo

Danseuse de style « demi-caractère » qui  fut la grande rivale de Marie SALLÉ

Née  le 15 avril 1710 à Bruxelles – Belgique
Décédée le 28 avril 1770 à Paris

Parents : Ferdinand-Joseph de Cupis Camargo musicien et maître à danser et Anne de Smet.

Ses frères : J Baptiste né à Bruxelles, violoniste et compositeur
et François né à Paris, Cubis de Renoussard, violoncelliste et compositeur.

Elle débute en 1720 au Théâtre de la Monnaie à Bruxelles. Remarquée par la princesse de Ligne, elle est envoyée à  l:’Opéra de Paris

Elle fut l’élève de  Michel BLONDY à l’Opéra de Paris et de Françoise PREVOST.

Le 5 mai 1726 elle débute à l’Opéra dans « Les caractères de la danse ». Elle dansait à l’italienne les pantomimes.

En 1726 elle avait déclenché un scandale car en raccourcissant sa robe elle montrait ses chevilles, de plus, elle avait enlevé les talons de ses chaussures pour être plus à l’aise pour danser. En effet, à cette époque, les danseuses portaient, pour danser, les mêmes vêtements  que les dames de la cour, ce qui limitait leurs mouvements.

Elle fut la partenaire d’Antoine LAVAL.

Elle avait aussi un style vigoureux, acrobatique, avec entrechats, cabrioles, sauts complexes et tours rapides qui surprenaient. Elle fut la première ballerine virtuose. Elle inventa le caleçon de précaution en raison de ses sauts élevés.

Elle fut la grande rivale de Marie SALLÉ,qui elle, développa une danse gracieuse, expressive dans la technique est exempte de virtuosité comme les sauts et les pirouettes.

En 1734 après avoir créé de nombreux rôles, elle quitte la scène sur les instances de son amant le comte de Clermont qui lui interdit de se produire sur scène. Elle s’arrange pour jeter dans ses bras Melle Leduc danseuse.

En 1741 elle rejoint l’Opéra et obtient des rôles importants dans des œuvres de J-Philippe RAMEAU : « Les Indes galantes », « Les fêtes de Polymnie », « Le temple de la gloire », « Les fêtes d’Hébé », « Naïs, « Zoroaste ».

En 1751 elle arrête définitivement la danse gratifiée d’une pension royale de 1500 £.

Elle décède le 28 avril 1770, âgée de 60 ans, à son domicile rue St Honoré.

 

PRÉVOST Françoise (1680-1741) – Danseuse française XVIII

Danseuse du début du XVIIIe sous la Régence

Née  en 1680 à Paris

Décédée en 1741 à Paris

En 1699 elle débute à l’Académie royale de Musique,
comme élève de Michel BLONDY

Lors d’une reprise d’ « Atis » de J-B LULLY, elle surpasse Marie-Thérèse SUBLIGNY et devient la vedette de l’Opéra durant la Régence.

En 1714 elle s’est fait remarquer dans le ballet « Horace » donné lors des fêtes des 14e « Grandes nuits de Sceaux » chez la duchesse du Maine car excellente technicienne et interprète expressive. Elle avait pour partenaire Claude BALLON.

 Première chorégraphe féminine

Elle règle plusieurs ballets, notamment « Les caractères de la danse » en collaboration avec le musicien Jean-Féry REBEL .compositeur, violoniste, claveciniste ; il imagine la symphonie de danse qui est une osmose entre musique et danse qui soutiennent la narration.

En 1730 elle quitte l’Académie car ses élèves Marie SALLÉ et Marie-Anne de CAMARGO lui succèdent.

 

Sa fille Anne-Auguste de Valjolly épouse le violoniste français parisien : François Rebel fils de Jean-Féry REBEL. François est violoniste à l’Académie royale de musique à partir de 1714. Il a composé beaucoup d’Opéras souvent avec François Francoeur. Il a dirigé l’Opéra de 1772 à 1775

PÉCOUR Guillaume-Louis (1653-1729) – Danseur français fin XVII

Danseur, pédagogue, chorégraphe, compositeur de ballets baroques, de cotillons et de contredanses françaises
Directeur de l’Académie royale de musique

Né le 10 août 1653 à Paris   –   Décédé le 12 avril 1729 à Paris à 75 ans

Elève de   Pierre BEAUCHAMPS.

Danseur à la cour de Louis XIV et à celle de la duchesse du Maine

En 1671 il débute dans le ballet « Psyché » de Molière et Lully et participe à la plupart des opéras de LULLY. A partir de 1680 il est danseur soliste.

Il participe aux mascarades de Cour et aux fêtes de la duchesse du Maine dans son château de Sceaux. Il compose des ballets ; il tient le rôle de soliste dans les ballets de fin d’année donnés par les élèves du collège jésuite Louis-le-Grand.

De 1674 à 1702 il entre à l’Académie royale de musique
En 1702 il cesse de se produire comme danseur et se consacre à la composition de ballets.

Compositeur de ballets puis directeur de l’Académie royale de musique

En 1687 il est nommé compositeur des ballets à l’Académie royale de musique d’abord avec Louis Lestang  jusqu’en 1689. Il succède à Beauchamps en tant que Directeur de l’Académie de  1687 à 1729 et son successeur sera Michel BLONDY de 1729 à 1739.

Plusieurs chorégraphes (au sens du XVIIIe siècle : qui note la danse) publieront ses compositions :

Dès 1700 il collabore avec FEUILLET qui note ses ballets et divertissements et les fait publier.

La  première publication  « Chorégraphie ou l’art de décrire la danse par caractères figures et signes démonstratifs » contient 120 nouvelles chorégraphiées qui rencontre un succès considérable pendant un siècle et demi. A l’appui de cet ouvrage théorique, il publie chaque année jusqu’en 1709 un « recueil de danses »  en vogue composées par Pécour car en novembre de chaque année, ce dernier fait connaître à sa clientèle, les nouvelles danses destinées aux bals d’hiver.

En 1705 il publie pour la première fois, une danse de « cotillon », à 4 danseurs, composée de refrains identiques entre chaque couplet (variable). D’autres danses apparaîtront sur ce schéma (parfois à 4 couples en carré) et petit à petit on associera le terme de « contredanse française » à celui de « cotillon »

En 1711 Michel GAUDRAU autre danseur à l’Académie de musique publie un recueil de ses entrées.

Puis de 1715 à 1728  ces publications ont été poursuivies par Jacques DEZAIS, autre maître à danser éditeur.

Ces publications  constitueront un répertoire de savoir chorégraphique de l’époque et seront traduites en anglais et en allemand, ce qui favorisera la diffusion rapide des danses françaises à travers l’Europe.

Pécour meurt le 12 avril 1729 pendant une représentation de « Tancrède« , il avait 75 ans.


 

LULLY Jean-Baptiste (1631-1687) Musicien baroque du XVIIe

Giovanni Battisla LULLI d’origine italienne naturalisé français en 1661 et orthographie son nom LullY
Violoniste, danseur, compositeur, chorégraphe, metteur en scène, chef d’orchestre.

Né le 28 novembre 1632 à Florence – Décédé le 22 mars 1687 à Paris

Fils d’un meunier florentin, il arrive en France à 14 ans en 1646 et entre comme garçon de chambre au service de la duchesse de Montpensier (la Grande Mademoiselle) qui désirait apprendre l’italien.

Il apprend le violon et la danse chez Melle de Montpensier

La duchesse entretient chez elle un petit orchestre privé de 6 violonistes qui donne de nombreux concerts auxquels Lulli participera bientôt. Il apprend en effet le violon et le clavecin des grands maîtres qui fréquentent le salon de la duchesse, ainsi que la composition musicale. Il est par ailleurs excellent danseur. Il crée pour la duchesse la « Cie des violons de Mademoiselle » qui est très apprécié dans les salons. Mais à la suite de sa participation à la Fronde, Melle de Montpensier est disgraciée et Lulli prend ses distances.
Lully musicien mais aussi danseur avec le roi Lire le reste de cet article »