VESTRIS Gaétan (le père) 1709-1808 – Danseur franco-italien

De son vrai nom Gaétano Apolline Baldassare VESTRIS

Danseurs, chorégraphe, maître à danser considéré comme
« le premier dieu de la danse » du XVIIIe siècle.
Il est le père d’Auguste VESTRIS

Formé à la danse et à la musique, il débute comme danseur en Italie, puis à Vienne et à Dresne. En 1747, à 19 ans, il arrive à Paris et se perfectionne auprès de son maître Louis DUPRÉ (1690-1774).

En 1748 il entre à l’Académie royale de musique de Paris (qui deviendra l’Opéra de Paris) ; il est nommé soliste en 1741. Etant donné sa morphologie (grand et mince) et la distinction de ses mouvements, il avait été classé dans la catégorie des danseurs « noble« * bien qu’étant « jarreté »c’est à-dire des hanches étroites et des cuisses trop rapprochées. A force de travail, il surmonta cette imperfection.

Lors de sa première apparition à Paris, on le surnomma « l’Apollon » par la beauté de sa personne, ses mouvements de bras majestueux qui mettaient en valeur la grâce virile qui émanait de sa personne. Les cours d’Europe se le disputaient en tant que modèle du héro homérique tant prisé des scènes lyriques.
A la cour chacun s’évertuait d’imiter ses toilettes et coiffures élégantes.

Mais les airs prétentieux et hautains de VESTRIS, son fort accent italien, son aplomb qui frise l’impudence, le font la cible de plaisanteries. Très imbu de sa personne, il a un caractère difficile et souvent en conflit avec son entourage. (Exemple de fanfaronnade : Après la victoire de Bonaparte en Italie, fou d’enthousiasme, il s’écrira « Cet homme mérite une récompense extraordinaire ; il me verra danser »).

Aussi il a un différend avec le directeur de l’Opéra : Jean-Barthélémy Lany, et après un duel puis un emprisonnement, Vestris est renvoyé.
Il s’exile à Berlin puis à Turin où il règle son premier ballet.
A partir de 1761, il va régulièrement à Stuttgart pour interpréter les ballets que Noverre a créés pour la cour du duc de Wurtemberg. En effet, Vestris est un admirateur de Jean-Georges NOVERRE (boudé en France) car il permet aux danseurs de jouer un personnage, sans masque, ce qui est très novateur à l’époque.
En 1755 Vestris est réengagé à l’Opéra de Paris où il se produit à côté de sa soeur Thérèse.
Il est de nouveau renvoyé puis réintégré et nommé Maître de ballet de l’Opéra de 1770 à 1775. En 1776 c’est Noverre qui lui succède.

En 1781 il triomphe au King’s théâtre de Londres où il retourne régulièrement monter les ballets de NOVERRE. En 1780 l’administration de l’Opéra hésite à le mettre à la retraite après 30 ans de présence mais c’est son mariage qui règle la question car les deux artistes feront leurs adieux à la scène le 12 mai 1782.

En effet, en 1792, à 63 ans, il se maria avec  Anne Heimel (1752-1808) qui était danseuse à l’Opéra de Paris. Mais n’ayant pas d’enfant, ils adoptèrent le petit Augue Allard, (enfant illégitime  que Vestris avait eu avec la danseuse Marie Allard) et en firent leur héritier légitime.

C’est en visitant une école de danse qu’il remarqua un garçon de 9 ans, très doué et qui lui ressemblait. Dès lors Gaétan Vestris pris son fils chez lui et s’occupa de sa formation de danseur ; si bien qu’à 11 ans (en 1771) l’enfant fit ses début sur la scène de l’Opéra subjuguant le public. Son nom fut transformé en VESTRALLARD puis il fut légalement adopté par son père et devint Auguste VESTRIS.

Lorsque les VESTRIS père et fils paraissent à Londres, leurs représentations déclenchaient une ovation indescriptible. Le petit costume bleu du petit danseur lança immédiatement la mode du « bleu Vestris » et le Parlement interrompait sa session pour que les membres puissent assister aux représentations.

En 1808 à la mort de VESTRIS père, « la belle danse perdit son dernier danseur noble ». Il avait su embellir la danse par ses performances techniques, par la vérité de son action et de son talent d’acteur. Il fut également un excellent professeur. On le proclama « le dieu de la danse ».

Source : blog Les chaussons verts, Wikipedia, entre autres

* Jusqu’en 1830 les élèves de l’Académie royale de danse sont classés d’après leur physique en 3 catégories :

  • la danse « noble » qui exige haute stature bien proportionnée et les traits emprunts de distinctions et de majesté
  • la danse de « demi-caractère » pour les tailles moyenne et une silhouette svelte, gracieuse et un visage agréable
  • la danse « comique » aspect plus trapu et physionomie enjouée.