GRISI Carlotta (1819-1899) Danseuse italienne XIXe

de son vrai nom Caroline Adèle Giuseppina Maria GRISI
Elle créa le rôle de Giselle

Née le 28 juin 1819 à Visinda (actuelle Croatie)
Décédée le 20 mai 1889 à St Jean près de Genève en Suisse

Fille de Vincenzo GRISI arpenteur public de Crémone en Istrie et de Maria Boschetti

Sa sœur la chanteuse Ernesta était la compagne de Théophile Gautier.

Sa tante la cantatrice Giuseppina Grassini et ses cousines germaines Giuditta et Giulia Grisi s étaient de grandes cantatrices.

Carlotta chante aussi très bien, mais en 1826 Carlotta commence la danse à 7 ans à l’école de la Scala de Milan.

En 1829 à 10 ans, elle tient déjà les rôles vedette dans les ballets d’enfants.

Dès 14 ans, guidée par son impresario Lenari, elle commence des tournées dans toute l’Italie.

En 1833 lors d’une tournée à Naples où elle accompagne sa sœur Ernesta qui chante, elle rencontre le danseur Jules PERROT  qui la remarque car douée pour le chant et encore plus pour la danse. Il convainc Carlotta et sa famille de ne se consacrer qu’à la danse.

Compagne du maître de ballet Jules PERROT

Lui-même abandonne sa relation avec Marie TAGLIONI et devient son professeur de danse, puis partenaire aussi bien à la scène qu’à la ville. A partir de 1836 elle se fera appeler Mme Perrot tant qu’elle se produit auprès de lui.

Perrot en conflit avec l’Opéra de Paris, part avec Carlotta en tournée en Europe où ils se produisent ensemble à Londres, Vienne, Milan, Munich, Naples et sur scène Carlotta chante et danse.

Carlotta à l’Opéra de Paris

Perrot veut faire entrer Carlotta à l’Opéra de Paris et commence par la faire connaître du public parisien sur la scène du théâtre de la Renaissance.

Ce n’est qu’en décembre 1840 que Carlotta intègre l’Opéra où on a besoin d’une nouvelle ballerine.

En février 1841 Carlotta danse dans l’intermède de « La favorite » de Gaetano Domizetti  avec Lucien Petipa. Théophile Gautier écrit des éloges et la considère parmi les grandes ballerines telles que Fanny ELSSLER et Marie TAGLIONI.

Par la suite Carlotta et Théophile Gautier entretiendront une relation étroite et une correspondance constante.

Carlotta crée le rôle de Giselle

Sur un livret de  Théophile Gautier et une chorégraphie de Jules PERROT avec le maître de ballet de l’Opéra de Paris Jean CORALLI, et sur une musique d’Adolphe ADAM , Carlotta crée le rôle de « Giselle ».le 28 juin 1841. Lucien Petipa tient le rôle d’Albrecht. C’est le premier ballet romantique et le succès permet à Carlotta d’avoir un salaire qui triplera  mais elle demandera une augmentation plus tard, ce qui agacera l’Opéra qui la traînera en justice

En 1842 un autre ballet de Perrot « Esméralda » fait sensation mais c’est aussi l’année d’une première séparation.entre Carlotta et Perrot.

Théophile Gautier en profite pour se rapprocher de sa danseuse bien aimée.

En 1844 la polka arrive en Europe. Carlotta et Perrot se retrouvent à Londres et crééent « Polka » duo en habit inspiré du folklore, au Théatre de la Reine Victoriale 11 avril 1845.

En 1844 leur relation reprend et ils ont une fille nommée Marie-Julie Perrot.

Le 12 juillet 1845 Jules Perrot créé le fameux « Pas de quatre »
où il réunit les quatre meilleures danseuses de l’époque : Carlotta, GRISI/Marie TAGLIONI/Fanny CERRITO/Lucile GRAHN au Her Majesty’s Theater de Londres. Musique de Cesare Pugni.

En 1845 Carlotta retourne en Italie puis à Londres.

En octobre 1849 elle danse une dernière fois à Paris « La filleule des fées » monté par Perrot et ainsi s’achève son contrat avec l’Opéra de Paris.

Le 12 mars 1850 elle va danser  une dernière fois à Londres dans « Les métamorphoses » de Paul Taglioni (père de Marie).

Puis elle part en Russie à Saint-Pétersbourg à la demande de Perrot où il est maître de ballet au théâtre impérial. Elle y dansera de nouveau « Gisèle » et restera trois saisons.

En 1854 elle se produit à Varsovie avec succès.

De sa relation avec un militaire, aristocrate polonais : le prince Léon Jérôme Radziwill, elle va avoir une seconde fille Léontine Grisi. Et peut-être à la demande du prince, elle va arrêter sa carrière en pleine gloire à 35 ans.

Jeune retraitée de 35 ans

Elle prend une longue retraite dans sa « villa St-Jean » près de Genève. Elle est riche, elle reçoit Théophile Gautier une fois par an et de nombreux admirateurs du poète lors de son séjour annuel. Elle y élève sa fille Léontine et sa petite fille Rose Perrot (de sa fille Marie-Julie Perrot).

Elle entretient une correspondance assidue avec Théophile et leur relation est à la fois familiale (le poète est le compagnon de sa sœur Ernestine) et sentimentale mais discrète.

Carlotta s’éteindra à presque 80 ans dans sa villa. Elle est inhumée au cimetière de Genève.

En 1820 Carlotta a écrit  un « Traité élémentaire théorique et pratique de l’art de la danse ».