TAGLIONI Mariane Sophie dite Marie (1804-1884) Danseuse d’origine italienne XIXe

Danseuse qui incarne le ballet romantique du XIXe et initia la technique des pointes avec aisance

Née le 23 avril 1804 à Stockholm
Décédée le 22 avril 1884 à Marseille, âgée de 80 ans

Elle est issue d’une famille de danseurs :

  • Son grand-père Carlo Taglioni danseur italien
  • Son père danseur italien Filippo Taglioni (1777-1871)
  • Sa mère Sophie Karsten (1783-1862) danseuse et peintre suédoise
  • Son frère Paulo Taglioni (1808-1884) danseur
  • Sa nièce Marie Taglioni (fille de Paulo) danseuse

Elle passe presque toute son enfance à Paris avec sa mère et son frère Paulo car son père est maître de ballet dans différentes cours d’Europe.

Elle est élève de Jean-François COULON, qui a été professeur de son père. Mais Marie n’est pas assidue et use de superfuges pour ne pas assister aux entraînements. Elle cache à sa mère son manque de travail et improvise sur la musique en inventant des pas qui, malgré tout, émerveillent son entourage.

Son père Filippo la fait travailler à Vienne et en fait une danseuse performante

En poste à l’Opéra de Vienne, son père la fait venir et la fait travailler assiduement Grâce à un entraînement quotidien très rigoureux, elle va acquérir une technique et une élégance gestuelle irréprochable malgré certains de ses défauts physiques : elle avait une légère déformation de la colonne vertébrale et se tenait voûtée, attitude qu’il corrigea et pour ses bras trop longs, il lui apprend à les croiser sur sa poitrine ou à les tenir baissés, poignets joints pour ne pas attirer l’attention sur eux. Ses nombreuses poses se retrouvent encore actuellement dans de nombreux ballets.

Une technique de « pointe » aboutie

En 1822 il lui obtient un engagement de Première danseuse à l’Opéra de Vienne où elle fait ses débuts, avant de se produire à Stuttgart et à Munich où elle obtient un grand succès.

Elle arrive à Paris en 1827 et sera promue Première danseuse à l’Opéra de Paris en 1831.

 


En 1837 elle termine son contrat à l’Opéra de Paris; Elle obtient la consécration le 12 mars 1832 dans le rôle de la « Sylphide » premier ballet romantique où elle excelle dans la technique des « pointes » qu’elle fait sans effort apparent.
Son costume fait de tulle vaporeux est le premier tutu long inventé par Eugène Lami
(1800-1890) en fait l’archétype de la ballerine romantique.

De 1832 à 1847, soit durant 15 ans elle se produit à  Londres, puis à Berlin, à Milan, à Saint Péterbourg où elle signe un contrat de 3 ans avec le ballet impérial où Jules PERROT chorégraphe lui donne plusieurs grands rôles.
Elle revient fréquemment à Vienne et à Paris.

Le 26 juin 1845 elle danse un « Pas de 4 » au Her Majesty’s théatre où se retrouvent les 4 étoiles romantiques du siècle : Tagloni/Cerrito/Grahn/Grisi chorégraphié par Jules PERROT sur une musique de Cesare Pugni qui obtient un immense succès.
Après 25 années de succès ininterrompu, elle se retire de la scène en 1847 à 43 ans
dans sa villa sur le lac de Côme (là où son père mourut en 1852).

Professeur de danse  puis Inspectrice à l’Opéra de Paris

Après une pause, elle revient à l’Opéra de Paris comme professeur de danse. Elle forme la jeune Emma Livry qui triompha à son tour dans la « Sylphide ».

Mais son élève mourut tragiquement car son tutu s’enflamma au cours d’une représentation et ce fut un grand choc pour Marie car elle s’était attachée à cette élève.

Elle continue à donner des leçons et chorégraphie son unique ballet en 1860
« Le Papillon » sur une musique d‘Offenbach en hommage à Emma.

En 1859 elle fut nommée Inspectrice de la danse et institua le13 avril 1860 le premier examen annuel du corps de ballet qui se poursuit encore actuellement.

Elle termina sa vie ruinée et mourut dans la misère à Marseille

Mais la guerre de 1870 non seulement entraîna la fermeture de l’Opéra de Paris, ce qui mit fin à son activité mais aussi entraîna une chute de ses placements en Bourse qu’elle et son père avaient faits.et de graves soucis financiers commencèrent pour elle.

Marie s’exila alors à Londres où, pour subsister, elle donnait des cours de danse classique et de danse de salon aux jeunes gens de la haute société.

En 1880 âgée de 76 ans elle rejoignit son fils à Marseille.

Elle s’éteignit dans la misère ; en avril1884?  âgée de 80 ans..

Inhumée d’abord à Marseille, elle fut ensuite enterrée au Père-Lachaise dans le caveau de la famille de son mari. Les Gilbert de Voisins.

Vie privée
Effectivement elle a épousé le comte Jean-Pierre Victor Alfred Gilbert De Voisins avec qui elle eut un fils Georges. Mais ce mariage ne fut pas heureux.

Elle fut à la fois une technicienne virtuose de la danse et un mime subtile tantôt pathétique, tantôt vive mais toujours expressive.

Johann Strauss  II composa « La Taglioni polka » opus 173 dans laquelle il utilisa les musiques des ballets sur lesquels elle a dansé.

Sources :
Wikipedia
Léandre Vallot, La Taglioni – Albin Michel 1942
Blog : leschaussonsverts.eklablog.com