Dentelle

La dentelle n’existait pas au Moyen-Age et fait son apparition sous la forme d’un simple réseau de broderies appelé « lacis » et sur lequel, en bordure, on dispose des « dents » d’où son nom. D’abord en couleur, elle servait à décorer les hauts bords de la chemise qui dépassait du haut du corsage. Puis cette broderie se fit au fil blanc et se développa au XVIIe siècle.

Sous Henri IV on fabriquait des dentelles dans le Velay mais on recherchait celles des Flandres et du Hainaul.

Mais au XVIe siècle les Italiens inventèrent la « dentelle à l’aiguille »  à Gêne et à Venise,  faite de fils d’or, d’argent, de soie voire de coton. Cette dentelle très fine fut importée en France.

Car les dentelles  produites  en France étaient de moindre qualité :

  • la bisette  : étroite et grossière dentelle au fuseau fabriquée aux environs de Paris par des paysannes
  • la gueuse : dentelle de fil très simple  à bas prix  portée que par la basse classe
  • la mignonnette : appelée aussi blonde de fil et point de tulle qui était faite avec du fil de Lille et blanchie à Anvers
  • la valencienne : dentelle au fuseau
  • la guipure  : dentelle épaisse, sans fond et à lares motifs
  • la blonde : dentelle de soie écrue ou noire réalisé au fuseau.
  • dentelle tulle : dentelle sur métier

L’édit de 1660 interdit l’importation de dentelle.

Pour développer  l’industrie française  Colbert favorisa  les manufactures et particulièrement  la production de dentelles . En 1665 il installa dans un de ses châteaux une certaine  Mme Gilbert native d’Alençon, qui savait faire le point de Venise avec 30 dentellières vénitiennes qu’il fit venir à ses frais. Les admirables dentelles au point d’Alençon qui sortirent de cet atelier improvisé, ainsi que le roi qui aida à sa diffusion, créèrent la renommée des dentelles françaises.

De plus il obtiendra d’inscrire l’usage de la dentelle française dans l’étiquette de la cour « toute personne de passage à la cour sera tenue d’arborer des dentelles provenant de la Manufacture royale d’Alençon ».

Au XVIIIe siècle les décolletés des dames s’ornent de dentelle mais les hommes en agrémentent aussi leur tenue :

  • par les « ailes de moulin » à leur chaussures, sorte de large noeud en dentelle empesée placé sur le haut de l’empeigne du soulier. Il est fixé au centre par une petite boucle plus ou moins précieuse ;
  • par les « canons » : garniture  composée de volants de dentelle plissés adaptés aux jambes par des rubans,  de façon à donner l’illusion d’une culotte qui dépasse de la « rhingrave« .
  • par les « jabots » de dentelle ornant le haut de la chemise

Les « engageantes » désignent les volants de dentelle qui ornent le bas des manches 3/4 du corsage du XVIIIe siècle.

On appelle « barbe » la pièce de dentelle aux extrémités tombantes  employée en ornement d’une coiffure.

La dentelle mécanique fit son apparition à la fin du XVIIe siècle.

Le point coupé que l’on voit apparaître sous Henri IV était une guipure faite à l’aiguille avec des dessins composés de figures géométriques reliées entre elles par des brides genre dentelle de Venise. C’est cette même dentelle que l’on vit réapparaître en 1900 ressemblant à de la grande guipure et dentelle d’Irlande.

 

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