Broderie

Les broderies ont de tout temps été le résultat du travail artistique féminin fait pour orner les tenues et objets divers.

D’abord placées  sur les vêtements et les accessoires royaux et religieux (bas des robes, des manches,  aumonières,  gants,  robes d’enfants) mais aussi sur les tenues de fêtes des paysans et gens du peuple.

On en retrouve aussi  dans les maisons sur les lambrequins, les dais, les rideaux mais aussi les draps, les serviettes et le linge de table  que l’on chiffrait aux initiales ou armoiries du maître de maison.

Au Moyen-Age on brode les bannières des églises, des corporations, des seigneurs en utilisant un point « à deux endroits » ou « en relief » qui peut être aussi beau d’un côté que de l’autre.

Divers métiers étaient liés à la broderie :

  • les « batteurs d’or et d’argent en fil » qui fournissaient les fils pour les étoffes et les brodeurs
  • les « crépiniers » confectionnaient les draps pour les autels

La corporation des brodeurs était ouverte aux hommes et aux femmes.
On a retrouvé les statuts de 1292 à Paris qui encadrait cette profession lucrative.

Les broderies se font :

  • soit directement sur l’habit confectionnés,
  • soit sur la pièce de tissu avant découpage du patron,
  • soit en motif brodé à part qui sera cousus ensuite sur le fond.

En 1450 Jehan Gobelin fonde un atelier qui devait devenir plus tard la Manufacture de broderie et tapisserie des Gobelins.

Sous le Renaissance la broderie est beaucoup utilisée pour fixer des joyaux et des perles sur les corsages. Elle va connaître une évolution grâce aux brodeurs italiens que Charles VIII ramena ver 1490 d’une expédition en Sicile.  Ils apportent le dégradé dans les nuances des fils, les motifs géométriques, des nouveaux points « points fendus », « points tournants », points coupé ».

La broderie avec les pièces de lingerie et la mode est aux « broderies blanches » ton sur ton faites sur les tissus fins de coton de soie, de percale, de batiste. Cette broderie blanche un peu monotone est agrémentée de « point coupé »  c’est-à-dire les « jours » que l’on connait encore actuellement à mi-chemin avec la dentelle. Puis apparu les « fils tirés » devenus les « jours échelle » puis le « lacis » ancêtre de la dentelle.

De Charles IX à Louis XIII la broderie devient de plus en plus à la mode et à la fin du siècle les broderies sur velours firent leur apparition. Les broderies sur le lin sont utilisées pour l’ameublement et les tenues du clergé. La laine sert pour les couvre-lit et les tentures.

Au XVIIIe siècle les  gilets et justaucorps masculins furent abondamment brodés. Le dessin était d’abord tracé sur le tissu à l’encre.

La broderie revient en force sous le Consulat pour agrémenter les robes en mousseline blanches mais aussi les redingotes,  les tenues des militaires  gradés et les habits consulaires dont les cols et les manches s’ornent d’arabesques , de fleurs et de feuillage brodés au fil d’or et d’argent.

 

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